Nov 07 2014

Récits

Publié par


  • Rodolphe van Hövell  (Vice-président – sortant de l’ASBL)

Témoignage d’un pionnier de Passeport Expé:

 » Fin de course à Passeport ! … Et déjà nostalgique … C’est avec du baume au coeur que je me souviens de ce petit mec de 12 ans, pas tellement plus haut qu’une table, plutôt timide et extrêmement casanier qui avait tant détesté les scouts. En septembre 2007, ces parents l’avait forcé à suivre une activité ‘brame du cerf’ avec ce nouveau mouvement de jeunesse, une dérivée des scouts disait-on, au nom qui sonnait ridicule, “passeport”.  

C’était il y à 11 années … sans le comprendre encore, j’ouvrai la porte de mon adolescence, tant de rencontres, tant de rêves, de voyages et d’aventures aux quarte coins de l’Europe suivrons. 

Aujourd’hui, en regardant par dessus de mon épaule je réalise que Passeport n’a pas seulement émerveillé ce jeune adolescent durant six ans. Bien plus, passeport lui a procuré des principes directeurs qui le poursuivront toute sa vie, et cela grâce à un esprit et des valeurs que de formidables accompagnateurs on su si bien transmettre. 

Oui, Passeport m’a changé et je ne serai pas la personne je suis aujourd’hui, sans avoir eu la chance d’y avoir été animé et aussi, d’y avoir été animateur. 

Puisse d’autres jeunes être émerveillés par ce mouvement de vie, qu’est Passeport.  

Bon vent ! Et bonne chance ! « 

Rod 


  • Sylarna (Suède)

Date: Août 2018

Groupe : Passeport Expe

Récit de Louis Mouriau 
Du 3 au 15 aout

C’est en finissant mon dernier raid en tant que (semi) animé que je me suis rendu compte de tous les bienfaits de Passeport et des expériences que cela m’a apporté. Des souvenirs, des potes, des moments émouvants, des accomplissements, mais aussi des bads, des journées de marches interminables, des gens qui ne sont pas du même style, des moments plus difficiles,… mais sans jamais aucun regret ! J’ai des souvenirs, lors d’autres raids de ma vie Passeport, de moments où je voulais en finir avec cette journée, mais une fois terminé, on en rigole, on l’a fait ! Pour avoir un bon raid il faut aussi des moments de bads sinon, on l’oublie trop vite! Ce dernier raid, expé, a été un incroyable mélange de moments difficiles (cette journée mémorable d’azimut d’au moins 80 km dans les rivières et marécages … ) mais aussi et heureusement des moments drôles, des trips permanents, et un groupe avec qui on peut prendre plaisir à faire un raid pendant 15 jours. C’est pendant ce raid que je me suis aussi rendu compte d’une chose que m’a appris toutes ces années Passeport. J’ai appris à me forcer à faire des choses qui me tentent absolument pas mais qui sont, en les faisant, unique et inoubliable. En effet, on m’a réveillé à 7h du matin pour gravir un sommet. Je gravit ce sommet sans aucune volonté, sans aucun plaisir jusqu’à ce que je me réveille un peu. Après 5 minutes de montée, je ne regrettais déjà plus mon choix! Ce sommet est un grand souvenir que je garderais de ce raid. Je remercie évidemment tout le groupe, dont Julien et Brieuc, Dom, et Passeport pour nous avoir permis de faire ce raid et d’en revenir comblé d’expériences!

Louis Mouriau


  • Sylarna (Suède)

Date: Août 2018

Groupe : Passeport Expe

Récit de Julien Hendrix 
Du 3 au 15 aout

Introduction :
J’ai repris cette année les rennes de l’organisation de Passeport Expé. Avec
Brieuc, ancien cokotteur, on rassemble finalement une team de 8 jeunes pour
cette édition 2018. La moitié a déjà participé à quelques raids Passeport, pour
les autres c’est une découverte. Une activité « escape room » en novembre et
un petit week-end dans les Fagnes fin mai suffisent à créer les premiers liens
entre tous.

Mis à part les avions et trains, l’organisation d’un raid est simple lorsque la
destination est décidée. Faire la liste de courses, emprunter du matériel à
Capexpéet imprimer les cartes de l’itinéraire. Idéalement, comme nous
passerons 3 jours à Stockholm en fin de voyage, il faut y prévoir les activités.
Mais concrètement c’est sur place en fonction de l’énergie du groupe et de la
météo que l’on décide.

3 aout : on décolle
Je ne vais pas détailler le trajet vers l’aéroport ou l’heure de l’avion, tout le
monde s’en fout ! Disons simplement qu’on arrive à Stockholm vers 18h. Cela
nous laisse le temps de prendre de l’essence pour les réchauds à une pompe à essence  et de visiter à pied le centre-ville. On cherche un resto pas trop cher, la
majorité proposant des plats à 25€. On trouve une carte proposant des plats à
12€, génial pensons-nous. Mais l’astuce c’est qu’il faut 3 plats pour être
rassasié, ce sont des tapas ! On se contente donc d’un plat-entrée (une saucisse
par exemple) avant de filer manger un kebab. Par contre on profite bien de
l’eau fraiche servie à volonté.
Le Sylarna est un parc national bien plus au nord que Stockholm. Pas aussi haut
que le Sarek (qui était une idée pour notre trek mais c’est avéré plus cher, avec plus de moustiques et pas spécialement plus beau selon Dominique Snyers notre conseiller de Capexpé). Bref il faut 8h de train3, que nous prenons de nuit, pour rejoindre le village d’Enafors. Certains dorment paisiblement sur les sièges ou par terre pendant que d’autres galèrent un peu.

4 aout : premiers pas et déjà le dépaysement
On arrive à 9h et avant de se lancer dans l’aventure, il nous faut trouver un
petit déjeuner. Sans magasin, on se tourne vers un bed and breakfast avec
buffet à volonté pour 9€. C’est le rêve, on ingurgite un maximum : omelette,
fruits, crêpes, céréales, jus, café,…
Le chemin part quasiment du village, à travers la forêt d’abord. Après 1h de
marche, on entame l’ascension d’une montagne, environ 500m de dénivelé.
Pique-nique avec vue splendide et on voit nos premiers rennes. On trouve cela incroyable mais on va bientôt se rendre compte qu’ils sont partout.
Le soleil se couche vers 21h30 mais il fait clair tard et jamais vraiment noir de
toute la nuit. On va cependant se coucher tôt pour récupérer les heures de
sommeil perdues dans le train.

5 aout : à l’arrache sous la pluie
On se lève tard et le temps de plier le camp il est 11h. On traverse notre
première rivière en enlevant nos chaussures car le niveau de l’eau ne permet
pas de passer de pierres en pierres. Enfin c’est l’option sécurité. Pierre préfère
jouer Jésus en mode rapide, tandis que Louis teste l’étanchéité de ses bottines.
La Suède a vécu une sécheresse extraordinaire mais depuis une dizaine de jours
il a bien plu apparemment. On mange au bord d’un petit lac après quelques
kilomètres seulement, Thomas ayant de plus en plus faim…
Dans les marécages, malgré les planches de bois bien installées, on ne fait que
du 3 km/h. Les sacs pèsent un peu moins de 20kg. Un gros avantage de la
région est l’eau potable disponible partout. On subira l’une ou l’autre petite
diarrhée mais on n’utilise jamais de micro-pure ou de filtre.
La pluie ne tarde pas à tomber, la plus longue et intense du séjour. J’attends
Pierre qui ajuste son raincover de sac mais sinon on ne s’arrête plus. Un bon
8km sans pause. A 16h on arrive à une cabane au moment d’une accalmie. On
passera l’après-midi là, à accueillir à tour de rôle des marcheurs en route vers
le grand refuge 2km plus loin. Cette partie du parc accueille le plus de visiteurs
car on est à qq kms du Sylarna, le sommet abritant un glacier.
Sieste, jeu de carte et préparation de la bouffe tôt. On se serre à 7 pour dormir
à l’intérieur, avec les jambes sous les banquettes pour les moins chanceux.
Enfin on est heureux d’être au sec. On s’habitue même à l’odeur des
chaussettes qui pendent au plafond.

6 aout : entre Hot et 3-6waw
On décide d’aller jusqu’au grand refuge pour tenter le petit déjeuner de luxe.
On arrive juste trop tard pour le buffet et on envisage d’acheter juste des
baguettes et quelques autres trucs. Le gérant nous dit finalement qu’on peut se
servir dans ce qu’il reste et nous fait un super prix, le top !! On se régale.

3 courageux montent la tente dehors. On n’est pas pressé de repartir vu la météo (brouillard et pluie) et l’aller-retour de César pour récupérer ses gants à la cabane nous donne encore 45min de glande supplémentaire. Un raincover acheté 25€ (très modeste, ne faisons pas les difficiles…) fera un heureux, Brieuc. Finalement on repart, on a 20km à marcher tout de même et il est midi.
Pour contrer la monotonie de la marche, on se lance des challenges au moyen
du jeu « hot ». Pierre doit déposer un caillou à chaque signe rouge du chemin,
Louis doit traverser une rivière sans prendre le pont, et je dois pour ma part
faire de temps en temps des PVD (Pause View Description) pour décrire le
paysage. L’autre jeu est nommé le 3-6 Waw. Le 3-6 wawer, meneur, lorsqu’il
crie « 3-6 waw » oblige tout le monde à faire un tour sur lui-même en
observant les environs. Ensuite le meilleur joueur est nommé nouveau 3-6
wawer. Bien sûr l’astuce est de trouver un moment rigolo pour enclencher : en
passage de rivière, en équilibre sur des planches, ou simplement quand l’un fait
pipi.
A la pause midi, on avale nos Parovittas dans une cabane sous les yeux envieux
d’un chien. Nos yeux envient le bon repas du couple en face de nous, l’herbe
est parfois vraiment plus verte ailleurs…
La mésaventure du jour est pour Pierre-Alban qui se retrouve pendu à un cable
du pont parce qu’ils l’ont trop secoué et il a été éjecté… On le secoure en
rigolant. Je courre essayer de récupérer son chapeau qui descend le courant. Il
se bloque sur une pierre et c’est finalement P-A qui ira le chercher pied nus. On
voit un renne à 10 mètres comme récompense.
On boucle nos derniers kilomètres vers 19h, certains ont un peu du mal.
Harold, qui vide entièrement un rouleau de PQ en une diarrhée en fait partie.
Ou Thomas qui pense et rêve nourriture en écoutant son ventre, son cerveau,
voir les deux. On installe nos tentes à une centaine de mètre d’un grand refuge
gardé. Je veux déjà grimper vers le sommet à 1800m qui nous regarde de haut.
Mais les autres me dissuadent, on le fera demain matin. A la place, je monte
une centaine de mètres vers l’autre petit sommet en face. J’y observe le
magnifique coucher de soleil sur les environs. Les couleurs ne sont pas si intenses, mais on voit loin et les reflets sur les rivières, lacs et collines qui
parsèment le paysage.
4 de nos zoulous réussissent un sauna-jacking au refuge avant d’aller se coucher.

7 aout : un sommet et une belle journée
Lever 7h pour les 5 motivés qui décident de monter au sommet à 1800m. On
ne le sait pas mais un chemin invisible sur la carte monte jusqu’en haut, et on
n’est pas les seuls à y aller. D’abord suivre la rivière, ensuite grimper entre les
pierres puis sur des grosses pierres jusqu’à une arrête avant de faire la dernière
portion presque sans chemin. La vue est plus époustouflante à chaque pas, le
ciel totalement dégagé. C’est à quelques centaines de mètres du sommet que
les nuages montant de la vallée nous recouvrent… On reste 10 minutes en haut
avant d’avoir enfin une ouverture sur la Norvège à notre gauche. Le glacier en
contrebas restera invisible jusqu’au début de notre redescente. Thomas a
vaincu la difficulté (avec l’aide de mon bâton et de nos encouragements), lui
qui n’a jamais fait d’ascension de ce genre, bravo.
On est à 11h aux tentes pour déjeuner avec les autres. Puis on entame une
nouvelle belle journée de marche d’une vingtaine de kilomètres. Le temps est
au beau fixe, comme le moral. On apprécie le silence qui nous entoure. Une
traversée de rivière à gué (Laszlo tombe dedans bravo !), une baignade pour
certains dans un lac, tout est réuni pour profiter en rigolant. Les tendons et les
genoux douloureux de 2-3 jeunes, en plus des cloches, sont le seul bémol.
Heureusement Pierre a de la crème magique dans son sac aux 1001 trésors.
Pour l’anecdote, Laszlo, renommé « le Père », devient responsable de la
bénédiction des repas.
On s’arrête pour une fois au milieu de nulle part, sans cabane en vue mais nous
n’en avons pas besoin. La vie est belle en pleine nature.

8 aout : revoilà la pluie… et un refuge
Le porridge chaque matin est agrémenté de raisins secs, de sucre et même de
cacao, un délice. Rien de spécial ce matin, la marche devient une habitude et nos sacs s’allègent petit à petit. On fait un petit azimut au milieu des mousses
et mini-buissons pour gagner 500m. On traverse à gué et Brieuc place une
planche pour aider les suivants. Notamment un couple avec un chien, Meggy,
qu’on encourage c’est sympa. P-L perd un Hot et doit suivre pendant 1km les
poteaux qui indiquent le chemin de ski de randonnée pour l’hiver. Notre
itinéraire longe parfois ces tracés.
Après avoir croisé un nouveau refuge, on mange sur une petite île fort
sympathique. Il nous reste encore 12km sur les 24 du jour. Comme il
commence à pleuvoir, on ne voit pas l’intérêt de s’arrêter et on marche les
11km, 3h, sans pause! A noter un passage de rivière sur un tronc donc il reste
des branches, original. Je dirai tout de même ce soir qu’il faut au moins
s’attendre pour éviter que les derniers se perdent, et surtout en cas d’accident.
Le refuge de ce soir tombe à point nommé car il y a du vent et un peu de pluie.
Mais le système est spécial : il faut être membre des refuges de Suède, ce qui
coute 30€ par personne, et en plus payer 10€ pour un accès à la cuisinière et
aux tables intérieures… En plus on a appris que l’utilisation du réchaud était
interdite à cause de la sécheresse du sol en profondeur. On négocie et on
discute mais le gardien semble intraitable. Finalement on fait un arrangement
pour ne payer que pour 2 personnes. Ils accepteront finalement qu’on occupe
tous l’intérieur… on s’en sort donc pour 80€. Une bonne soupe au chaud, cela
fait plaisir. En plus de notre riz-oignons sauce poivre, on cuisine quelques
champignons cueillis par Laszlo dont on nous a assuré la comestibilité. Et
lorsque nos voisins nous donnent le reste de leur casserole de pates fourrées,
on est aux anges !
Nos tentes sont entourées de myrtilles qu’on dévore en position couchée
comme les romains. Lazlo, qui n’avait plus mangé autant depuis longtemps,
décide de rentre un peu à la nature (petit vomi d’indigestion probablement).

9 aout : Encore une montagne
Le matin est tranquille, mis à part pour Pierre qui doit faire 1h de marche pour
récupérer son chapeau oublié au refuge. On en profite pour jouer Loup- Garou. Le terrain marécageux a laissé place depuis hier après-midi à de la
forêt. C’est plus sec mais la vue est moins dégagée. Lors de la pause chocolat
(1ère tablette de la semaine, on bénit l’inventeur de cette chose), on s’assied
proche d’un nid de guêpes et on décampe juste à temps.
On mange à Valadalen, station de ski avec son grand parking et son magasin
(on en profite pour acheter 2-3 paquets de chips et biscuits). L’ingrédient
spécial du jour est le miel. Je le racle et lèche jusqu’à la dernière larme, il parait
que je suis le chef « zéro perte ». Ensuite on monte vers le sommet à 1200m.
C’est tout de même 600m de dénivelé en quelques kilomètres. Le spectacle est
extra avec des mini lacs d’altitude et la vue sur les environs. On fait notamment
3 minutes de silence pour écouter… le silence.
Avec Brieuc, on se baigne dans un mini lac vraiment froid. Mais au moins on
sent un peu moins la pellicule de crasse sur le corps. Une cabane est encore
une fois utilisée par ceux qui ont la flemme de monter leur tente, et qui veulent
dormir au chaud.

10 aout : Azimut toute !
On a discuté longuement hier pour analyser le meilleur itinéraire et on a conclu
qu’après 3km sur un chemin, on tenterait un azimut de 15km à vol d’oiseau. Le
but est d’atteindre le grand lac que l’on pourra ensuite longer demain et
retrouver la civilisation. C’est la partie du parc national la moins fréquentée et
aucun chemin n’existe vers la ville où on veut aller. Ca va être « facile », dixit
Brieuc.
On voyait le lac hier soir, mais ce matin c’est brouillard total, on ne voit pas à
50m ! On sort la boussole et on continue… P-A et Laszlo se retrouvent tout à
coup dans la boue jusqu’aux cuisses, un marécage soudain les a embourbé. On
doit descendre la montagne, alors quand la direction indique une montée on se
pose des questions. On triche un peu en utilisant les GSM et l’application
MapsMe. Sur la carte, la descente est très raide et il faut choisir le bon
endroit. Longer la rivière n’est pas idéal car il s’agit de gros rochers. Finalement
Brieuc zig zag entre les arbres et nous amène à bon port. On longe la rivière (dont on hésite d’ailleurs sur le sens du courant) pour trouver un passage pour
traverser. Après le pique-nique et la traversée à gué, on continue plein Ouest, en
essayant de profiter du moindre sentier d’animaux. Entre marécages et forêts,
on marche à du 2km/h et on a l’impression de ne pas beaucoup avancer sur la
carte… On persévère à coups de pauses snacks. Le soleil livre un combat
acharné contre la pluie, le gagnant varie au fil de la journée. Le guide qui tient
la boussole varie aussi. On se sépare une fois, deux groupes pensant chacun
choisir le meilleur chemin : contourner par la rivière une colline ou escalader
tout droit.
Les heures passent avec les traversées de rivières, tantôt sur des pierres, tantôt
sur un tronc tombé en travers. Je finis par glisser d’une pierre et ma bottine
complète est sous l’eau. Je décide d’abandonner l’espoir pour ma seconde et
marche complètement dans l’eau pour traverser. 30 secondes plus tard, on doit
retraverser et même suivre la direction de la rivière. Sur une lumineuse
impulsion, je choisis alors de me balader dans l’eau, foutu pour foutu… les
autres m’imitent les uns après les autres. C’est en effet bien plus facile que de
jouer l’équilibriste sur les pierres presque immergées. Brieuc tiendra longtemps
au sec avant d’abandonner. Pendant ce temps, on entonne des chants de joie
pour bien montrer que les conditions difficiles n’ont pas vaincu notre moral et
qu’on atteindra ce foutu lac !!
Enfin, après un énième marécage et 100m de foret, on débarque sur la plage
de sable baignée de soleil. Grand moment. On s’embrasse et se congratule, on
l’a fait !! Il est 19h, on a marché 9h et fait environ 1h de pause.
Baignade dans l’eau relativement chaude (18° ?) avant de monter les tentes et
préparer le diner. Une bourrasque inattendue emporte une tente et brise un
arceau. Pour la nuit, on complète les sardines avec des bois et même un mur
de sable pour certains.
La pluie se mêle au vent cette nuit, pas facile. On échange quelque temps de
place avec Brieuc face au vent mais mon matelas troué est trop inconfortable
pour lui. Il passera la fin de la nuit avec le pied sur un arceau pour le soutenir…

11 aout : les derniers kilomètres à pied
On longe la plage ce matin pendant 3km avant de retrouver un large chemin
qui va nous mener tout droit à Handol. On y prend dans un café un soda et un
dessert en échange d’une place au chaud pour manger le pique-nique. Les gens
sont charmants en Suède. La route plus large permet d’être à plusieurs de front
ce qui amène à de chouette discussions et jeux. PA espère depuis hier qu’on
puisse construire un radeau, il rêve de ramer plutôt que marcher…
On croise un renne dans un jardin au bord de la route mais il est tellement
statique et majestueux (bois énormes !) qu’on croit d’abord à un faux. Alors
lorsqu’il se met à bouger on est surpris…
Il reste ensuite 8km le long d’une grand route jusqu’à Enafors qu’on atteint
vers 16h. Les jambes ont l’habitude maintenant mais les tendons et genoux de
certains continuent de souffrir. On termine donc ici le 160ème km. On se pose
dans la gare qui est bien assez grande pour nous héberger cette nuit. Quand les
2 autres touristes prennent le dernier train on est seuls pour profiter d’un jeu
de carte et de la table de ping-pong.

12 aout : balade en bateau et retour à Stockholm
Le buffet à volonté du premier jour est très, trop tentant, on y retourne. On en
profite pour louer les 2 canoës et la barque qu’il a et passer 3h sur la rivière.
Très sympa pour faire travailler les bras et reposer les jambes. Ensuite on passe
l’après-midi dans la gare à faire la sieste et jouer.
Notre train nous emmène vers Arë à 19h. On fait des courses là et on profite
d’une promo : buffet pates et salades en tout genre à 8€ le kg. On mange 800g
chacun, ça bourre bien. Pierre, Laszlo et Louis font du voyeurisme par les
fenêtres en face de la gare, nous ne dévoilerons pas ce qu’ils ont vu mais leur
tête était magique.

Le train de nuit est le même qu’à l’aller, mais il est plus rempli. Difficile de
trouver une double place pour s’allonger ni une place par terre sans gêner.

13 aout : Free walking tour
On se pose ce matin dans un parc de Stockholm pour faire la sieste. Pas de bon
plan pour laisser nos gros sacs, on utilise les casiers de la gare en les
remplissant au maximum. Le temps de voir le townhall et de pique-niquer
devant et il est l’heure de la visite de la ville. Les free walking tour sont un
concept génial : il ne faut ni s’inscrire ni payer un prix fixe, un pourboire de qq
euros suffit. Des bons jeunes guides dynamiques et intéressants racontent un
peu d’histoire, des anecdotes et des fun facts sur la ville pendant 2h. Nous
laissons un paquet de Parovittas au pied d’une statue qui est sensée porter
chance.
Une petite glace fait beaucoup de bien car il fait 20°. La bière dans un bar nous
est refusée, il faut que tout le monde ait 18 ans, même si les mineurs ne
prennent pas de bière. Intransigeants mais intelligents ces suédois pour limiter
l’alcool. On en achète un pack dans un supermarché puis on récupère nos
bagages aux casiers.
Après quelques minutes de discussion sur le type de ticket (finalement 24h) et
la destination (Hasselby Strand) on prend le métro jusqu’au terminus (35min).
On a vu sur la carte qu’il y avait pas mal de parcs, on va tenter de dénicher un
bon endroit pour poser nos tentes. 10 minutes de marche suffisent pour
trouver l’endroit parfait. C’est un grand parc au bord de la rivière où des
touristes voulant échapper aux prix de Stockholm viennent passer leurs nuits
voir toutes leurs vacances. Les grands buildings HLM du quartier ne sont pas
fort attirants et on renonce à essayer de demander l’hospitalité chez des gens.
Passes de frisbee, dégustation de chips et bières et coucher de soleil sur la
large rivière (presque un lac), très sympa. On assiste à une scène où des jeunes
retirent un paquet de sous des lattes d’un banc, quelque chose nous dit que ce
n’est pas très légal… On cuisine sur notre réchaud, pas de policiers en vue…

14 aout : le palais royal et un bon resto
Lever 9h, pour une seconde journée de visite. Le palais royal est composé de 4
musées que l’on fait : une galerie de statues antiques acquises par un roi
suédois, un historique du palais avec objets retrouvés et maquettes, les joyaux
de la couronne et surtout les appartements royaux actuels et toutes les salles
richement décorées. C’est un peu long pour certains mais assez beau.
Après le pique-nique (on achète chaque fois des baguettes et de quoi les
tartiner), on bouge vers Sodermalm où se trouvent une vue sur Stockholm et
surtout les bons plans restos et cafés. On prend un bon chocolat chaud
agrémenté de desserts pour certains. C’est l’occasion d’une explication
complète sur le fonctionnement de Passeport et le recrutement des
animateurs. Fidèles à notre crédo « zéro reste », on finit les salades de la table
voisine lorsqu’on voit qu’ils s’en vont.
Le chutney est un resto qui propose des plats à 11€ avec un petit buffet pains
et crudités compris ainsi que des eaux aromatisées (concombre, citron, etc). On
trouve une table pour 10 et on profite de ce super bon plan.
A 20h30, on bouge vers le festival culturel de la ville, avec pour thème le
Canada, qui commence ce soir. On assiste à un numéro de cirque aussi
impressionnant que rigolo. Puis un Show sur la rivière nous fascine : danseuses,
boule enflammée suspendue, etc.
La fin de soirée est pluvieuse et on retourne à notre endroit de camping d’hier
en métro. On ne tarde pas à dormir, la journée fut longue.

15 aout : vélo ou visite
Pour ce dernier jour, le choix est laissé entre du vélo ou un dernier tour de la
ville. Avec Pierre-Loïc et Laszlo, on fait 30km en 4h de location en passant par
l’île de Djugarden et Lidingo. Les pistes cyclables sont impeccables et bien
renseignées. Un kebab nous remplit bien le midi. Les autres vont assister à la
relève de la garde qu’on n’a pas bien vue hier et à d’autres petits spectacles du
festival. On se rejoint pour 16h30 et on observe en rigolant un show d’acteurs déguisés en chèvres, bouc et loup. Il y a même la traite par un fermier qui sort
du déguisement du vrai lait…
C’est assez pour nous, on rejoint l’aéroport en métro puis bus, où nous attend
une dernière mésaventure. On a oublié de vider 2 fonds de gourdes d’essences
et par réflexe, je demande à l’hôtesse du hall d’entrée où on pourrait les vider…
elle nous demande de sortir toutes les bouteilles et s’en va demander à
Brussels Airlines si c’est autorisé. Bien sûr non, pas moyen de discuter, on perd
nos 4 gourdes :’(.
Les parents arrivent pour nous prendre à 22h30 et chacun peut rentrer profiter
d’une bonne douche, d’un 5ème repas ou juste de son lit, dans l’ordre qu’il veut
en fonction de ce qui a le plus manqué pendant 12 jours.

Conclusion :
Le parc du Sylarna est un bijou caché de Suède. Connu des suédois mais pas
fort des trekkeurs européens, il abrite une incroyable diversité de paysages et
de chemins. Tantôt des montagnes dépassant de 800m la vallée, tantôt des lacs
sans la moindre ride, ou encore des forêts peu altérées par l’homme.
On traverse facilement les marécages sur des planches de bois mais cela
n’empêche pas l’impression de wilderness lorsqu’il faut traverser une rivière
pieds nu. Sans être dénaturé par le tourisme, des refuges et cabanes offrent un
peu de confort aux corps parfois trempés. Les moustiques sont peu présents, à
l’inverse des rennes qu’on se plait à observer à toute heure du jour.
Un endroit que je recommande à tous, que ce soit pour 3-4 jours où plus d’une
semaine de marche. Plusieurs points d’entrée sont d’ailleurs possibles.
Concernant le groupe, j’ai vraiment apprécié leur motivation et leur prise
d’initiative. J’aurai pu ne jamais regarder la carte en 8 jours, j’ai eu toute
confiance en Pierre-Alban. J’ai essayé17 de les laisser choisir le menu de chaque
repas, les pauses snacks, et la manière de répartir le repas du soir
équitablement, rien à redire. J’ai donc pu profiter à fond de l’environnement,
sans avoir aucun souci pour lequel me tracasser. J’ai initié un moyen simple
pour décider en groupe et avoir l’approbation d’une majorité : lorsqu’une décision devait être prise, après discussion, on levait ou baissait notre main
pour adhérer à l’une ou l’autre proposition. C’est rapide et on peut voir
directement ce que la majorité préfère. A n’utiliser que pour des décisions
bénignes évidemment, pour le reste il faut une solution qui convient à tous.
Certains jeunes réalisaient ce genre de trekking pour la 1ère fois et je veux
spécialement les féliciter, ils ont été largement à la hauteur du challenge.

Julien Hendrix


  • Joseph de Mahieu  (Chef des Staffs – sortant de l’ASBL)

Témoignage d’un pionnier de Passeport Expé:

 » Chers jeunes, accompagnateurs et anciens,

Comme vous le savez, je me retire, pour de vrai cette fois-ci, de l’asbl cette année. D’autres horizons me tendent la main, horizons qui, espérons-le, seront à la hauteur de ceux que m’ont offert passeport depuis 9 ans déjà, dont 6 en tant qu’accompagnateur. Je tenais donc, par ce petit mot, tout simplement vous remercier chacun d’entre vous pour ces moments inoubliables que j’ai pu partager avec vous au cours de toutes ces années. Votre enthousiasme et votre motivation sans cesse renouvelés m’auront donné l’envie de renouveler l’expérience Passeport année après année. Passeport aura été pour moi une superbe école de vie à de nombreux égards et mes restera sans doute un de mes meilleurs souvenirs pour le reste de ma vie. J’espère pour cela vivement que l’asbl continuera à vivre encore de nombreuses années et lui souhaite tout le meilleur. Et je resterai bien sûr à la disposition de l’asbl pour laquelle ma porte restera toujours grande ouverte. Encore MERCI !  »

Joseph


  • Hardangervidda (Norvège)

Date: Juillet 2017

Groupe : Passeport Expe

Récit de Julien Hendrix 

Du 18 au 31 juillet

Introduction

Passeport est un mouvement de jeunesse bruxellois qui propose des activités sportives pendant l’année, des mini-trekkings trois fois par an et puis des grands raids l’été. En rhéto, les jeunes sont mis à contribution pour leur raid d’été. Ils doivent décider et organiser eux-mêmes le trekking. Un ou deux accompagnateurs les suivent et les guident durant l’année. Je n’ai repris le projet que début avril car le précédent accompagnateur n’était pas disponible pour le raid. En quelques semaines, il faut booster les 6 jeunes pour décider des moyens de transports, gérer la location de matos, faire les listes de courses,…

Préférant avoir un autre accompagnateur avec moi, je convaincs Laurent en mai de participer à l’aventure.

Courses chez Färm (pour le vrac bio !) et au Colruyt le 17 matin, répartition de la nourriture dans les sacs l’aprèm, on est fin prêt pour partir.

18 juillet : avion et clochards

L’avion des jeunes vers Oslo est à 15h tandis que le mien est à 19h et celui de Laurent à 20h. Bravo pour la coordination… Les jeunes sont partis en reconnaissance et ont trouvé un petit parc idéal pour passer la 1ère nuit à la belle étoile. On les rejoint vers minuit et on installe nos matelas. On n’ose pas monter les tentes car c’est toujours interdit en ville, même en Norvège. On se lance des « hot combien » et je dois monter sur la statue d’élan et crier « yiiiiiaaaaaahhhhh ». Premier fou rire du voyage quand Laurent déballe son nouveau sac de couchage XXL acheté au décathlon avant de partir. Il lui arrive… au torse !! Probablement une erreur entre la house et le sac de couchage. Il caille bien toute la nuit.

Des toxico ont passé l’aprèm pas loin, il parait qu’ils se baladaient avec une aiguille dans les fesses… ils partent quand on s’endort.

19 juillet : Vers Finse et premiers kilomètres

On a réservé le train pour midi. Il faut qu’on ait le temps d’acheter de l’essence blanche pour nos réchauds MSR. Laurent en profite pour racheter un sac de couchage un peu plus grand… Ensuite on se pose à un autre parc avec des jeux d’échecs géants, une sorte de slackline, notre frisbee et un réverbère à escalader.

On a 4h de train jusqu’à Finse, village au bord du parc national et d’où s’offre une magnifique vue sur le glacier. On est déjà à 1200m d’altitude. On a failli oublier la carte dans le train d’ailleurs.

On démarre sans tarder sur le sentier qui contourne le glacier. Le sol est gorgé d’eau de fonte, au point de devenir des marécages de temps à autre. Heureusement des passerelles en bois sont aménagées aux pires endroits. On marche relativement vite malgré les presque 20kg sur le dos. On a essayé de réduire au maximum le poids des sacs mais 10 jours d’autonomie ce n’est pas rien.

On passe le long du lac sur un barrage, on traverse l’une ou l’autre rivière par des ponts en bois, l’ambiance est bonne et il fait grand bleu ! Quelle joie de se dégourdir enfin les jambes. Après 2h30 de marche, on plante les tentes au bord d’un lac. Les moustiques sont présents mais pas si oppressants que cela. Je monte méditer sur la colline avec Laurent, le spectacle est splendide. Menu de ce soir : couscous et sauce déshydratée préparée la veille du départ avec la machine de CapExpé. Pas mauvais mais on aurait dû cuire les haricots rouges avant de les mettre dans la sauce…

Un petit jeu de whist en attendant la nuit et les étoiles qu’on espère voir briller. La nuit, enfin plutôt la légère obscurité, arrive vers 11h. A peine une étoile en vue. On met un réveil à 2h45 en se disant qu’il y aura un maximum à voir à ce moment-là. Mauvaise prévision, toujours rien à voir excepté un ciel bleu foncé.

J’ai un chouilla froid mais la température reste relativement correcte et je me suis bien équipé. Laurent se fout de moi car j’enfile un sous-vêtement thermique, 1 t-shirt et mon polard ainsi que mon sous-vêtement thermique pour les jambes, mon pantalon, des gants, un bœuf et un bonnet. Il faut bien compenser mon sac de couchage pas terrible.

20 juillet : au paradis enneigé

Lever 9h, tranquille. On est un peu lent mais c’est normal le 1er matin. Départ 10h20. On serpente entre les lacs, en légère montée. On travers quelques plaques de neige durcies où les bottines tiennent bien. Mon bâton de marche m’est bien utile. On passe un col et on redescend côté sud, avec moins de neige mais de beaux passages dans les rochers. On croise quelques randonneurs.

On pique-nique au bord d’un lac en face du glacier, endroit paradisiaque. Laurent cherche l’ombre, on a presque trop chaud en plein soleil. La pause se prolonge pendant 2h30 car la sieste est délicieuse au soleil, on dore 1h30. Le sentier descend de plus en plus bas, et on arrive donc dans des marécages. Gare au faux pas car la bottine se trempe alors de l’intérieur, ce qui n’est pas agréable pour la suite (n’est-ce pas Laurent ?). Je suis content de mes bottines mais elles ont des limites, tout le monde fini les pieds trempés. Paul mène souvent la marche, il a du talent pour trouver les meilleurs passages avec des pierres. On passe un pont avec un bon torrent en dessous, impressionnant.

Encore une heure de marche (la 6ème environ) jusqu’à un immense lac qu’on longe pour atteindre le refuge. La dernière heure est vraiment dure pour les nerfs. On n’avance pas si vite avec toutes ses flaques-mares et c’est une attention de tous les instants. Enfin nous voilà en vue des habitations, mais le chemin est barré. On envoie deux émissaires pour faire une reconnaissance mais ils reviennent bredouille : pas réussi à traverser le torrent. On continue donc, et on se rend compte que le chemin balisé mène aussi au refuge… Par contre c’est payant et interdit de planter nos tentes à moins de 150m du refuge. On se trouve un endroit sympa un peu plus loin, il est 20h30 ! Petit débarbouillage dans la rivière et cuisine en vitesse. A la condition qu’il n’y ait pas trop de vent, les moustiques rappliquent quand ils sentent la chair fraiche et la chaleur du réchaud. On se protège comme on peut mais ce soir ce sont de vraies nuées. Pour le soir, on alterne entre pâtes, couscous et riz. Les sauces en poudre Knorr font l’affaire pour le gout et on ajoute en général un oignon et/ou des pois cassés. Ne pas oublier des cubes de bouillon !

Débriefing de la journée avec un tour de table des impressions et des attentes. Ensuite chacun se réfugie dans sa tente (2 pour les jeunes et une pour moi et Laurent). Jeu de carte puis dodo vers 23h30, on est bien claqués.

21 juillet : pluie et marécages

Les moustiques nous assaillent dès le matin car il n’y a pas de vent aujourd’hui. On marche vite pour les semer. Il fait nuageux et on avance aussi pour avoir chaud (il doit faire 10-15°). On monte et on arrive sur un grand plateau avec de belles vues dégagées. Le sentier est un peu plus facile que les autres jours et on peut donc lever les yeux plus souvent plutôt que d’observer les pierres et les flaques du sentier.

On se dirige vers Dyranut où passe la nationale qui relie Bergen et Oslo. C’est quasiment la seule route qu’on croisera. Une heure de marche supplémentaire dans la vallée après le pique-nique avant la pause près d’une cabane. Dom de Capexpé nous a remis précieusement une clé « qui ouvre tous les refuges de Norvège ». On aura beau l’essayer sur tous les bâtiments qu’on croise, elle n’aura jamais ouvert la moindre serrure… Grosse déception du groupe, on s’imaginait tellement découvrir des trésors dans des cabanes.

Il nous reste 2h30 de marche dont une belle montée. La pluie s’est remise à tomber et on s’enferme dans nos capuches. Le sol est devenu lac, mais vient un moment où les chaussures ont atteint la saturation. On peut marcher sans stress dans les marécages, cela ne change plus rien. Les bottines de Paul font un beau bruit du genre « flotch flotch ». On est soulagé en voyant enfin le refuge qui était indiqué sur la carte. La joie est de courte durée quand on se rend compte qu’il est fermé… heureusement une cabane de survie à côté nous permet de nous mettre au sec sur un plancher. Ce n’est qu’une petite vingtaine de mètres carrés mais c’est déjà beaucoup. On cuisine à l’intérieur et on essaye de faire sécher ce qui peut l’être. Dodo à 19h car tout le monde est crevé. Je fais une dernière manille avec Laurent avant de sombrer dans le sommeil.

22 juillet : brouillard et éclaircie humaine

Après une nuit de 14h (oui oui !!), on est frais pour une nouvelle journée de marche. Le matin, on a le choix entre du porridge (les flocons d’avoine en vrac ça ne coûte rien et ne pèse rien. Un peu de sucre et c’est excellent), du muesli ou des crunchy. Les marécages d’hier ne se sont évidemment pas asséchés, mais de toute façon nos bottines sont encore trempées d’hier… Ce matin, on doit même traverser une rivière en enlevant nos chaussures car il n’y a pour une fois pas de passage sur les pierres. Le courant est puissant, les bâtons sont utiles. On arrive sur un plateau assez plat couvert de brouillard. On garde un bon rythme de marche pour ne pas avoir froid. Une pause spéculoos sur la matinée, rien de plus.

On pique-nique après 3h30 de marche, il nous reste 1h30 de descente jusqu’au refuge d’Hadlesgard. On dit bonjour au gardien qui ne parle pas anglais. Des touristes norvégiens arrivent et une dame nous fait gentiment la traduction. On obtient de pouvoir sécher nos affaires (chaussures et chaussettes puantes comprises) au-dessus du poêle, le rêve ! Voulant compenser, on achète 5 sachets de chocolat chaud qu’on déguste dans des tasses du refuge. Cela nous permet de nous asseoir dans le réfectoire au chaud. C’est assez luxueux comme refuge, on ne se sent pas trop à notre place. Certains des touristes nous regardent bizarrement, d’autres nous sourient. On analyse la carte et on joue aux cartes. Quand une touriste vient nous demander de bouger nos affaires sèches pour laisser de la place aux autres on est désolé, on avait oublié que d’autres ont aussi des affaires mouillées. Le gardien nous invite à installer nos tentes juste à côté, trop sympa. On profite aussi d’avoir accès à de vraies toilettes.

23 juillet : Ascension du Harteigen

Dès le réveil, la dame qui parle anglais vient nous proposer de finir le porridge qu’ils n’ont pas terminé. On se délecte de cette nourriture supplémentaire, sachant qu’on est souvent assez juste niveau quantité. On ne crève pas de faim mais on pourrait manger plus, tant le matin que le midi et le soir. Pendant qu’on replie nos tentes, elle vient encore nous offrir des portions de nourriture déshydratées en sachet, poids minimal pour une énergie optimale ! On accepte volontiers et on leur donne en échange 1L d’essence qu’on a en trop. Dom nous avait conseillé une demi-bouteille par jour mais c’est beaucoup trop ! On aura fini par consommer 2L en tout. On comprend petit à petit que le gardien nous a pris en sympathie et on prend une photo souvenir avec lui. Il est grand et massif mais tellement doux et ouvert, bien que ne parlant pas notre langue. Au moment de partir, après une poignée de main chaleureuse, il me glisse dans la main un billet de 500 couronnes, équivalent de 50€ ! J’essaie de refuser mais il insiste et je mets tout mon cœur à le remercier. Quel homme extraordinaire.

On remonte la vallée vers le sommet du parc national, le mont Hårteigen.  L’ascension nous prend 3h pour 500m de dénivelé. Gilles pars devant mais nous a toujours en vue, comme demandé l’autre jour. On grimpe les plaques de neige avec précaution car la pente est assez forte. Le sommet est inaccessible (c’est de la pure escalade) mais la vue est déjà incroyable du sentier à 1600m. En haut, le vent est fort et on trouve une corniche où s’abriter pour pique-niquer et observer le panorama.

On redémarre après quelques photos et 1h de pause. On marche 1h30 entre la neige et les ruisseaux. Il faut faire attention que les plaques de neiges ne rompent pas sous nos pieds et ne nous envoient dans la flotte. On s’arrête au bord d’un grand lac à 1400m d’altitude lorsqu’on déniche un endroit abrité du vent. Il est 16h et on est bien, au soleil. Sieste et observation des environs, notamment les icebergs sur le lac. Les jeunes trouvent une vasque juste en aval du lac. Ni une ni deux Gabriel et Paul prennent le challenge d’aller complètement dedans. Une eau de fonte à 1400m d’altitude avec des icebergs dans le lac, c’est un tout petit peu frisquet… j’estime l’eau à quelques degrés. Paul y parvient le premier, suivi de Gab. Je veux défendre l’honneur des accompagnateurs et passe mon cerveau en mode off. Une pompe dans l’eau glacée, tête comprise, yes !!

On joue à Loup-garou et Time bomb ce soir. J’ai depuis le début de très chouettes discussions avec Laurent sur son voyage d’un an, sur le raid, la méditation, la vie. On s’écoute et on se comprend sans spécialement toujours partager le même point de vue, c’est génial.

24 juillet : une journée de plus au pays des paysages somptueux et… de la pluie

Il pleut un peu ce matin, on ne s’éternise pas. On a 2h de marche jusque Litlos légèrement en descente. On est autorisé à s’asseoir dans le salon du refuge pour pique-niquer, trop chouette. Tant qu’on est là, on n’a aucune envie de retourner dans la pluie dehors et la pause se prolonge avec un jeu de carte. Le sentier de cette aprèm longe un lac, puis un deuxième. Charles a un peu mal au tendon d’Achille, avec d’autres chaussures cela va mieux. Les organismes commencent à fatiguer après 6 jours de marche. D’un autre côté, la marche devient naturelle, presque automatique. Le sac s’allège petit à petit et c’est devenu une seconde nature de le porter. On n’a plus besoin de pauses non plus, quoi qu’on adore toujours autant manger les snacks…

Chacun à son tour doit raconter une histoire anecdote pour faire passer le temps. Les bottines sont relativement sèches depuis 2 jours, c’est agréable. On trouve une zone d’herbe sympa pour installer nos tentes au bord du lac après 3h de marche depuis le refuge. On voit un autre couple un peu plus loin et quelques touristes en canoë mais globalement il y a peu de monde sur ces sentiers. Comme les derniers jours, on est dans nos tentes assez tôt.

25 juillet :

On continue à longer le lac sur des éboulis qui sont rudes pour les chevilles. En plus ça glisse. On cherche des gens à qui donner la carte du jeu de carte qu’on a oublié dans notre poche en quittant le refuge hier midi. Mais personne n’a l’air de passer par là. On croise un groupe de jeunes néerlandophones sympa avec qui on parle quelques minutes. Une énorme table de pierre est idéale pour le pique-nique, on se demande comment ils ont bien pu la placer là…

On continue de descendre dans la vallée vers un autre immense lac. Les paysages sont toujours aussi magnifiques, on se délecte à chaque instant. En plus aujourd’hui il fait beau. Après un sentier dans la forêt (pour une fois), on passe par une route et un parking avant de longer la rive. Il doit bien y avoir un sentier au lieu de ces rochers éreintants et je pars donc à sa recherche, un succès après quelques minutes. Le sentier est couvert de grosses pierres, ce n’est donc pas si facile, mais c’est déjà mieux et c’est relativement plat. On trouve finalement un endroit où planter notre tente, encore une belle journée de marche. Les cascades sur la montagne en face sont vraiment hautes et fascinantes bien qu’on les voie de loin.

Tout le monde nage ce matin, on est plus bas en altitude et l’eau doit presque atteindre les 10°… J’en profite pour laver (enfin rincer plutôt) l’un ou l’autre t-shirt dont l’odeur commence à être sérieusement repoussante. Mis à part une autre tente en face et un bateau à moteur qui fait deux trajets sur le lac, on est au paradis.

26 juillet : une dernière bien hard

On quitte le lac pour remonter une vallée à l’environnement assez minéral. Les passages raides alternent avec les replats. Après 3h de montée et 600m D+, on atteint un lac d’altitude dont les vannes permettent de réguler le débit d’eau qui descend la vallée. Il pleut quand on veut manger, pas dingue. On prend sur nous. Pourtant c’était relativement beau ce matin.

Le tour du lac est compliqué, il faut escalader et bien planter les semelles dans les plaques de neiges en pente. Les sentiers sont toujours très bien balisés depuis le début (marques rouges et cairn), c’est un plaisir. On grimpe jusqu’à un replat avant de redescendre puis encore remonter pour passer le col. De là, on voit enfin la route qui passe par Haukaliseter et où le bus doit passer nous prendre après-demain. La fin est proche. On descend à pic vers le lac où on espère trouver un endroit sec où poser la tente. Sur une plaque de neige fort pentue, Paul, le premier, se fait surprendre et dévale sans pouvoir s’arrêter. Il finit bien sur un replat caillouteux. Je m’en sors aussi de même. Par contre, Gab fait malencontreusement tomber Charles dans la pente qui n’a pas le temps de se préparer. Je le freine et il évite le gros rocher, plus de peur que de mal. On a un peu mal géré sur ce coup-là, cela nous apprendra.

On observe avec crainte les gros nuages noirs et ils finissent bien à un moment par déverser une belle averse sur nous. Débat pour savoir si on veut monter les tentes ici ou plus loin. On finit par décider de continuer pour attendre l’accalmie, bonne décision car 10 min après on trouve un bon endroit. On pensait avoir une journée relativement courte et tranquille mais elle s’est transformée en rando bien intense. On est content que la fin approche tout de même.

27 juillet : pluie et glande

On repart ce matin pour notre dernier jour de marche. Demi-jour en réalité. La pluie est impitoyable, pire que tous les autres jours. On commence par marcher 1h de descente jusqu’à la route. Ensuite on a le choix entre le sentier plus ou moins sous eau qui fait un détour ou le bord de la nationale. On choisit la seconde option et on passe en mode machine de marche. Rythme soutenu, capuche enfoncée au maximum, file indienne ; ça ne parle pas beaucoup. Et quand le grand Laurent prend le relai en tête après une pause, on doit presque courir pour le suivre. On avale 6km en une heure pour arriver au petit village d’Haukaliseter. On obtient de pouvoir faire sécher nos affaires dans le séchoir super chaud. Par contre il est déjà saturé d’humidité donc cela aura un effet limité…

On va ensuite se sécher et se reposer dans le réfectoire du gîte qui fait aussi centre d’information. On mange notre pique-nique au sous-sol pour ne pas gêner et on joue aux jeux de carte. Il y a même un aventurier du rail qu’on se fait un plaisir de tester. Les heures passent, la pluie reste. Avant qu’il ne fasse noir, on va installer nos tentes un peu plus loin, à un endroit conseillé par le gîte.

28 juillet : bus et Oslo

Le bus qui doit nous ramener à Oslo passe à midi. Avant cela, on se chille au réfectoire, à jouer aux cartes et à lire. On a 5h de bus avec un long arrêt à côté d’une pizzeria qui nous fait baver. On maintient notre régime parovittas fromage, avec en alternance concombre, sardines, saucissons, choux raves…

Arrivés à Oslo, on se prend un bon grand menu au Mac Donald. On en a rêvé (enfin moi bof mais j’accepte une entorse à mon végétarisme) et on déguste. Laurent s’en veut de n’avoir pas pris de photos de moi, il aurait pu faire du chantage au Kap vert. On marche une heure pour se rendre sur l’île de Bygdoy… Il s’agit d’une zone très spéciale avec des forêts et des prairies. C’est aussi là que se trouve pas mal de musées, dont celui qu’on veut visiter demain. On trouve un coin de prairie où planter nos tentes en espérant ne pas se faire remballer. Comme il est encore tôt, on va se balader. Certains font le tour jusqu’au port avec quelques petits bateaux tandis que Laurent et moi faisons un petit tour dans l’île. La soirée est belle, c’est paradisiaque.

J’ai réussi à motiver les jeunes à essayer la méditation durant le trekking. On a fait 2-3 séances et on en refait une dernière ce soir. 5-10 minutes, pour ne pas les dégouter mais leur faire sentir le(s) concept(s).

29 juillet : Musée Viking et temps libre

On va voir fin de matinée le musée viking qui est sur la presqu’île. D’énormes drakkars sont présentés ainsi que divers objets et histoires. Un film de quelques minutes est projeté sur les murs et le plafond d’une aile du musée. Après 20 minutes, les jeunes ont déjà fait le tour tandis que Laurent veut prendre le temps de tout voir tranquillement. Il pleut un peu pour notre retour à pied vers le centre d’Oslo. On fait quelques petites courses au Coop prix, Laurent arrive à bien minimiser les dépenses et on s’en sort pour 16€. Pas par personne hein, en tout !! On s’est dit qu’on allait faire du porte à porte plutôt que d’acheter, cela nous fera une occupation et on risque de bien s’amuser.

L’aprèm, on laisse chacun libre d’aller où bon lui semble. Les jeunes passent par les supermarchés pour l’un ou l’autre paquet de biscuit ainsi qu’au Hard rock café. Avec Laurent, on préfère se balader le long de l’eau, discuter philosophie de vie et économies d’argent et de dépenses. On va ensuite voir le très bel opéra, grand bâtiment d’un style assez particulier. On finit par aussi craquer pour un paquet de biscuits de 500g à 1€, la qualité laisse un peu à désirer tout de même mais ça remplit la panse.

On prend ensuite le train à 19h, direction l’aéroport. Notre avion n’est que dans 2 jours mais on se dit que c’est mieux de sortir de la ville pour faire du porte à porte et demander l’hospitalité. On marche 1h pour trouver un village qui est en fait très étendu. Les fermes se succèdent dans la campagne, assez distantes pour ne pas entendre son voisin. A la première maison où l’on toque, des polonais nous accueillent chaleureusement et nous indiquent une pièce pour installer nos matelas. En plus, à notre grande joie, ils nous font terminer leurs restes de poulet et de pain. On aura du mal à finir notre couscous ce soir.

Contre toute attente, l’un des polonais un peu éméché sort une bouteille de Martini et veut nous servir de grands verres. Guillaume est le seul à parvenir à refuser. Il parle plus ou moins anglais et on essaie de suivre le fil de sa conversation mais ce n’est pas facile. Il redemande d’ailleurs régulièrement les mêmes questions… On finit par réussir à s’isoler dans notre dortoir. Au moment de s’endormir, ils mettent de la musique super fort à l’étage au-dessus. On est prêt à l’infernale attente mais finalement ils mettent moins fort et on peut s’endormir en paix.

30 juillet : rencontres et opportunités

Les polonais sont moins bavards ce matin. Certains, que l’on n’a pas beaucoup vu hier soir, n’ont pas l’air ravis de nous voir mais ils ne font pas de commentaires tout haut. On les quitte vers 11h et on se remet en route vers le centre du village. On commence le porte à porte par équipes de 2 pour demander d’abord du lait et du pain, puis des biscuits ou tout autre aliment comestible. Même si peu répondent positivement, on finit par avoir quelques provisions sympathiques. Vers midi, on se laisse tenter par une prairie pour jouer au foot. L’habitant de la ferme à côté arrive en vélo, nous regarde jouer, puis nous indique qu’on est sur son terrain et que l’herbe doit bien pousser pour nourrir ses vaches. Il nous explique que ce genre de terrain est une propriété privée en Norvège et qu’on ne peut donc pas y faire n’importe quoi. On le savait déjà mais on joue aux idiots et on s’excuse. On repart ensuite manger sur une table au centre du village.

3 jeunes repartent chercher encore quelques sucreries tandis que les autres jouent aux cartes. Comme il est presque 16h, on se met déjà en quête d’un logement pour ce soir et comme prévu, c’est plus difficile qu’hier. Les refus s’accumulent mais on garde espoir. On finit par toquer chez le fermier qui nous a gentiment chassé de sa prairie hier. Il vit avec sa femme, et son fils a repris l’exploitation de vaches dans le bâtiment à côté. Il nous accueille volontiers sur ses quelques mètres carrés de pelouse, idéal pour monter nos tentes. On mange notre dernier souper pâtes en vitesse car la pluie vient de se mettre à tomber. Le couple de sexagénaire nous demande si on veut quelque chose à manger demain matin. On dit qu’on a tout le nécessaire mais que l’on n’est pas contre un petit supplément. Il nous dit d’être prêt à 9h… sans préciser.

Dernières discussions et jeux dans la tente et dernière nuit dans nos sacs de couchage qui doivent puer la rage, sans parler de nos vêtements. Mais on est habitués, on ne sent plus grand-chose. Uniquement les énormes pets de Laurent qui est infesté de l’intérieur depuis quelques jours. Ce sont des bombes atomiques quand ils sont lâchés dans un endroit fermé…

31 juillet : la fin d’un beau voyage

Comme promis, on est levés à 9h et on rencontre le fermier (père) sur le pas de notre tente. Il nous invite à l’intérieur et là, oh stupeur, une énorme table de victuailles est dressée avec 10 places assises. On n’est crois pas nos yeux. Jus maison, confitures, pain, cracottes, fromage, concombres, fruits, tout y est ! On discute en testant tout ce qui est proposé (le fromage norvégien est tout de même un peu bizarre). Ils voulaient avoir l’opportunité d’en savoir un peu plus sur nous : d’où on vient, ce que l’on fait, pourquoi, etc. On se renseigne en échange sur les traditions norvégiennes et quelques anecdotes locales.

Le fermier fils vient ensuite nous chercher pour une visite chez les vaches. Sentant l’envie des jeunes de découvrir l’intérieur du grand hangar, je lui avais demandé hier soir et il avait gentiment accepté. On doit enfiler des filets de protection des saletés sur nos semelles. Il a acheté récemment un méga ultra robot de traite. Le full automatique qui prend toutes les données, analyse, fait des statistiques, etc. Le fermier doit juste venir contrôler de temps en temps. Les vaches font la file pour donner leur lait et elles peuvent ensuite aller dans la zone avec du fourrage. L’automatisation est impressionnante, je me garderai des jugements hâtifs. On imagine bien que son horaire était bien plus pesant avant avec deux traites par jour.

On quitte en fin de matinée nos hôtes pour rejoindre l’aéroport à pied. On pique-nique juste au bout de la piste d’atterrissage (de l’autre côté de la grille qd même) et on voit des avions décoller à 500 mètres de nous.

Nos chemins se séparent un peu avant le terminal, je dois en effet faire du stop direction Oslo pour descendre vers Larvik où je retrouverai mes parents dans 48h.

Epilogue : du stop, de l’hospitalité et de la contemplation

Me voilà au bord d’un début de nationale avec mon pouce levé, mon gros sac à dos et quelques restes de nourriture du trekking. Il parait qu’il est très difficile de faire du stop en Norvège. Un premier gars me fait penser que non car il me prend alors que je suis là depuis 5 minutes. Il me dépose le long de la ceinture d’Oslo sous un gros déluge. Je me poste à un arrêt de bus et retente ma chance, avec une feuille de papier miteuse pour annoncer mon chemin. Un jeune papa m’accepte dans sa magnifique voiture électrique. Ici en Norvège, elles sont très nombreuses et témoignent des avantages financiers qui ont été mises en place pour ceux qui en acquièrent une. On fait un petit stop chez un de ses amis pour récupérer un truc, puis on roule jusque Drammen (1h de route). Il me demande où je vais dormir car il est 17h. Quand je lui dis que je n’en sais rien, il essaie d’appeler une amie pour m’héberger mais cela ne marche pas (après 20min au téléphone à parler Norvégien). Il me dépose donc à la gare, pas très pratique pour moi car il n’y a pas de maisons… Je bouge à l’aveugle en essayant d’atteindre un quartier résidentiel. Je demande à quelques apparts mais sans succès.

Passé un parc, j’arrive sur les hauteurs avec de belles baraques. J’ai beau arborer mon plus grand sourire, demander en suppliant presque et insister de temps à autre en disant que 2m² me suffisent, rien n’y fait, personne ne veut de moi. Une jeune (qui a de la famille et ne peut donc pas) me souhaite bonne chance et m’assure que je vais trouver, j’ai une bonne tête et un grand cœur me dit-elle. J’utilise toute la bonne volonté et le courage encore en moi pour continuer, même après 35 refus. Finalement, un père de famille, après consultation de sa femme, m’accueille à l’étage de la petite annexe. C’est la salle de jeux avec quelques mètres carrés libres, juste ce qu’il me faut. Ils ont fini de manger (et fini le plat), et je me chauffe donc une portion déshydratée reçue en trekking il y a 6 jours. Pas de quoi me faire exploser la panse mais bien de quoi calmer les cris de mon ventre.

Je vais profiter des derniers rayons de soleil en lançant quelques frisbees dans les paniers de disc golf. C’est plus drôle et challenging à deux mais je me contente de mon moi-même ce soir. Un peu de méditation et retour à la maison pour un gros dodo.

1er juillet : attente et générosité

Après un petit dèj simple, me voilà de retour à l’entrée de l’autoroute pour continuer vers le sud. Une feuille dans une main pour indiquer ma direction, je suis fin prêt et confiant. 15 minutes… 30 minutes… 1h… toujours personne pour me prendre. Pourtant pleins de gens ont de la place et prennent l’autoroute… Peut-être vont-ils au boulot pas loin… ou alors c’est la réputation de la Norvège qu’ils ont à cœur de tenir. Finalement un type me prend, mais je me rends compte après le tournant qu’il va dans la direction opposée, il retourne à Oslo !! Je me dis qu’au moins je bouge de cet endroit de malheur. Je lui demande de me déposer à la 1ère station essence.

Je marche dix minutes pour passer de l’autre côté de l’autoroute et demande aux gens dans leur voiture. C’est la bonne technique pour aujourd’hui, un bulgare m’embarque presque jusqu’à ma destination finale. On passe juste voir un de ses potes pendant 15min. Il est midi et suis à 12km de Larvik où mes parents arrivent demain aprèm. Plein de temps libre donc. Je me dis que ce n’est pas plus mal de marcher de me dégourdir les jambes.

Après une demi-heure, j’ai faim et tant que j’y suis, je me dis que je vais faire du porte à porte. Première dame en vue en train de jardiner, je demande et elle me renvoie vers son voisin. Ce dernier me dit de m’installer sur sa terrasse et arrive avec un bon plateau pour le pique-nique. Fromage, pain, juste ce qu’il me faut. C’est un repas de roi de mon point de vue de clochard. Ces victuailles pas si incroyables, me semblent absolument délicieuses. Jeu de notre esprit, ce qui est reçu gratuitement est apprécié au centuple. Je discute avec lui pendant plus d’une heure de mon voyage, de sa situation de vieux à la retraite (il doit avoir plus de 70 ans), de sa vie, des qualités pour être une bonne personne,… On peut tout se dire puisqu’on ne se reverra jamais ! Il me parle aussi de sa collection de timbres et au moment de partir, je lui demande si je peux la voir.  Il me prévient que je vais avoir un choc. Derrière son bureau, dans un petit cagibi bibliothèque, il allume la lumière et je découvre soudain les centaines de classeurs que j’imagine remplis de timbres. Ma stupeur doit être flagrante… il en ouvre un avec des timbres du Congo belge, un autre du Nicaragua entre 1900 et 1950, encore un avec les plus anciens timbres belges. Chaque classeur contient des dizaines de pages avec chacune une trentaine de timbres différents (et parfois avec 30 exemplaire d’un timbre). La bibliothèque contenant au moins 300 classeurs, je suis fasciné. Il a des millions de timbres… Il me montre aussi ses catalogues où sont référencés tous les nouveaux timbres. Pour l’anecdote, il avait posté une annonce en 1980 dans ce magazine relativement connu des collectionneurs, pour demander si des personnes étaient intéressées par des échanges. Résultat : 980 lettres sont arrivées chez lui (et oui, il n’y avait pas encore le mail !)… il a mis quelques années à répondre, et pas à toutes. Il entretient encore des contacts, par lettre, avec quelques personnes de ce temps-là. Il a réessayé en 2005, et moins de 100 lettres lui sont arrivées. Changement d’époque peut-être.

Je le quitte en me disant que cette expérience restera longtemps gravée dans ma mémoire. Je marche ensuite pendant 2 heures jusque Larvik, en passant notamment par une chouette forêt. Je mange un bol de céréales près d’un supermarché et fais une petite pause-sieste. Vers 16h30, je pars en quête d’un toit. Commençons par l’énorme baraque au bout d’un chemin qui commence à mon endroit de pause… au pire je suis jeté comme un clochard mais qui ne tente rien n’a rien. C’est un peu devenu mon leitmotiv : NHA, never hesitate to ask.

Un type d’une quarantaine d’année m’ouvre et j’explique ma situation. On parle un peu de la Belgique mais il me dit qu’il doit repartir travailler et n’a pas de place. Je repars vers d’autres logements à quelques centaines de mètres quand j’entends quelqu’un crier derrière moi. C’est de nouveau mon bonhomme qui me dit qu’il a une solution ! Il me ramène en voiture sur 300 mètres et me montre sa cabane de jardin qui est aménagée avec un lit, une table et des fauteuils, un micro-onde,… C’est en fait la mini salle à teuf de sa fille. Je le remercie vivement. Quitte à tout tenter, je lui dis que je n’ai pas encore mangé… Il réfléchit 10 secondes puis m’invite à entrer dans une autre maison, qui appartient-elle à la grand-mère. Celle-ci vient justement de préparer un repas complet et rajoute juste une place pour moi. Je suis aux anges, en train de manger un festin (ils me forcent à me resservir 3 fois) alors que 15 minutes avant j’étais à la rue. La vie peut être bizarre parfois, et réserver bien des surprises.

La grand-mère ne parle pas anglais, contrairement au père qui m’a accueilli et à son frère (?) qui mange aussi avec nous. Néanmoins, la bienveillance de cette femme est tangible et ressort par les contacts visuels que l’on a. Elle me sourit avec tant d’amour… c’est extraordinaire. Je me revois en France début juillet où les mêmes scènes se déroulaient, le seul changement étant la langue. Elle m’invite (traduction de son fils) à venir déjeuner ici demain matin. J’accepte avec enthousiasme évidemment.

Il me reste quelques heures à tuer avant la nuit et je n’ai rien pour m’occuper, pas même un livre. J’ai demandé si ils n’avaient pas un livre en anglais mais c’est peine perdue. Me voilà à regarder le jardin depuis mon fauteuil bien conformable sur le pas de ma cabane. Moment de méditation parfait. J’ai quand même hâte de retrouver ma famille et de bouger et être actif.

Lorsqu’il commence à pleuvoir des cordes, j’en profite pour prendre une douche en caleçon sous la gouttière. C’est évidemment à ce moment-là que mon hôte décide de revenir me voir… Je suis bien gêné, lui aussi j’imagine. Bah après tout pourquoi pas, doit-il se dire. Ou alors il s’en veut de ne pas m’avoir proposé une vraie douche. Bref, il vient m’apporter quelques délices du supermarché : un jus, une pomme, une bouteille d’eau. L’intention est admirable même si j’aurais pu me passer des déchets générés. Je le remercie allègrement et me sèche avant de reprendre ma place de méditation.

Le lit est si agréable que je m’endors rapidement malgré le fait qu’il est tôt et que je ne suis pas spécialement fatigué.

2 juillet : la fin est un commencement

Comme prévu je rejoins la grand-mère dans sa maison qui me prépare des œufs et une fultitude d’autres délices. On ne se comprend pas verbalement (les autres ne sont pas là) mais par des gestes ça passe. Nouvelle surprise : elle me prépare un tout bon pique-nique, du genre saumon et compagnie.

Je me rends dans le centre à pied, une petite demi-heure. Je déambule près de la mer et dans un parc. Je longe ensuite la baie par des rochers, me pose, redémarre, etc. Je repère la zone d’arrivée des ferrys mais il me reste quelques heures à m’occuper. Je monte donc sur la colline pour avoir une belle vue sur les environs. Il y a pas mal de vent mais l’endroit est sympa. Je fais une petite sieste, médite, observe les nuages et les vagues,… Ça devient dur de ne rien faire :p. J’essaie de manger mon pique-nique le plus lentement possible. Difficile tellement c’est bon.

Enfin, vers 16h, je descends attendre l’arrivée de la famille. Un peu de retard mais ils finissent par débarquer en camping-car. La suite des vacances en Norvège peut commencer.

Conclusion 

Passeport est un groupe absolument génial. On est certain de partir pour des aventures incroyables à chaque raid. En laissant un peu de place à l’imprévu, en s’organisant de manière flexible, on peut avoir de belles idées au moment même et de cool surprises.

Laurent était un accompagnateur idéal, devenu bon ami en 15 jours. Les jeunes étaient enthousiastes, motivés, bons marcheurs, relativement débrouillards. Très peu de critiques à leur faire mais un constat tout de même : c’était à nous à proposer la majorité des idées et des options. Soit les jeunes n’osaient pas, soit ils n’y pensaient pas. Les décisions étaient démocratiques, prises en concertation avec eux, mais Laurent et moi devient penser la majorité car les jeunes ne prenaient pas beaucoup d’initiatives. Notre rôle de soutien et d’accompagnement s’est un peu trop transformé en rôle d’organisateur. Car le but de Passeport Expé est de les préparer au rôle d’accompagnateur. Dommage mais compréhensible. Peut-être avec d’autres caractères cela pourrait se passer autrement.

Je reprends le staff passeport expé l’année prochaine, avec Brieuc mon cokoteur de cette année. Pleins d’idées mais pleins de défis, j’ai déjà hâte !

 

  • Sarek (Suède) 

Date: Juillet 2017

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Récit

Notre carnet de bord, écrit au jour le jour (… quand nous y pensions) A lire en écoutant Daniels Jolk – Notre rengaine

JOUR 1: Départ de Charleroi pour 2 heures de vol. Arrivé à Stockholm, nous avons juste eu le temps de prendre notre train jusqu’à Västerås, la cinquième plus grande ville de Suède. Ensuite le train couchette est arrivé et on s’est posé pour 14 heures de trajet dans des cabines de trois. Après une belle nuit et de beaux paysages, nous avons pris un troisième train vers Murjek suivi d’un bus jusqu’à kvikkjokk, l’entrée dus Parc National du Sarek. Déjà en dehors du Parc les paysages sont sublimes, il y a de larges étendus d’eau avec un fond montagneux. Notre première nuit nous avons dormi à proximité du refuge du village et d’une rivière sauvage. Corsac (Léopold Coppieters) nous a concoté des pâtes bolo et pour finir cette première journée nous nous sommes assis au bord de le rivière accompagné d’une petite bières suédoise. Jb Meert – 02 juillet 2017

JOUR 2: Le deuxième jour commença par un réveil assez dur, tout simplement parce qu’à cette époque de l’année il n’y a qu’une heure de nuit donc nous avons dû nous y habituer. Cette première journée de trekking fut, comme annoncé par Dom, rempli de STIQUEMOU. Le midi passa très smooth: Wasa, fromage, miel et in lac bien frais, BREF une bonne pause pour mieux repartir. Après une vingtaine de km, des centaines de piqûres et des bottines mouillées, nous avons décidé d’établir notre camp près d’une petite cabane bleu. On a ensuite passé la soirée dans cette petite cabane. On a conclu cette dure et longue première journée de marche en savourant un bon morceau de viande avec de la purée, de la compote. Puis on a terminé la soirée avec un jeu de carte et bon thé préparé par Jb Cayman. Jb Meert – 02 juillet 2017

JOUR 3: On est parti dans un orage avec comme seul but de quitter ls moustiques le plus vite possible. Après deux heures de marche sous la drache, nous avons décidé de nous installés. Tous trempés on a monté ensemble nos tentes ou on s’est directement mis pour se réchauffer. Après une grande sieste, plutôt agité à cause de la pluie et le vent très froid, on est sorti de nos tentes pour manger dehors sous les premiers rayons de soleil de la journée. Louis della Faille

JOUR 4: Après une bonne nuit de sommeil on s’est remis en route. Tous nos vêtements étaient trempés mais heureusement ils ont séché en marchant. Avant midi, nous avons un sommet. En haut on avait une magnifique vue sur le glacier. On a descendu toute la montagne sur le cul en glissant sur la neige, ce qui était très chouette. Après la pause de midi on est reparti pour enfin trouver un endroit magnifique au bord d’un petit lac. Louis della Faille

JOUR 5: Le cinquième jour commença par un levé paisible au bord du lac accompagné d’un bon bol de muesli. Après avoir fait notre rangement quotidien, nous sommes partis d’un pat ferme pour atteindre la prochaine vallée. La marche fut humide et lente due aux marécages et diverses rivières. Nous avons profité de quelques rayons de soleil, puis nous nous sommes préparés pour une des ascensions les plus difficile du voyage. Les feintes de sommet étaient interminables et décourageantes mais nous y sommes arrivés. Le vrai sommet nous offrait une superbe vue sur le Delta et sur le reste de la vallée. Nous avons mangé les fameuses PAROVITA quotidienne mais une giboulée de neige nous a surpris et a causé notre départ. Une autre surprise arrivée au même moment nous a tous reboosté: une bonne tranche de saucisson. Enfin nous avons longé le flan de la vallée et avons trouvé un magnifique spot pour dormir. Ce spot était juste magique: pas de vent, une superbe vue sur le Delta ainsi que sur d’autres grands lacs, BREF un endroit comme on l’aime. Nous avions aussi une large vue sur les plaines qui habitaient las tant convoités élans. Golsong et son œil d’antilope repérait ses monstres sur pattes. Nous nous sommes endormis après un couché de soleil sur ce Delta de folie avec toutes les sortes de vert que vous pouvez imaginer.

JOUR 6: Grâce mat et WEETABIX ont rempli le début d’une journée qui s’annonçait RELAX. Effectivement nous avons campé deux jours à cet endroit magique. Apaloosa (Henry Verdoodt), Margay (Charles Vervenne) et moi-même (JB Meert) sommes descendu dans la vallée pour voir de élans, nager dans le lac et pêcher. Les autres moules ont tapé la carte, bronzé, naze et se sont détendus. JB Meert

JOUR 7: Aujourd’hui, suite à 2/3 ascensions, nous arrivons à Jaggé, où nous croisons d’autres voyageurs. Déçus du manque d’authenticité du refuge où nous prévoyions de passer la nuit (pas de vue, pas isolé, …) nous décidons de poursuivre la marche. En Azimut, nous traversons la forêt en descente, afin d’arriver sur l’énorme plateau du Delta. Épuisée, mais contents de l’aventure que nous venons de vivre ensemble, nous nous posons sur une plage, avec un énorme feu. Enfin, après une baignade et une bonne bouffe, nous veillons quelques heures, avec la musique des plus calmes et un thé des plus chaleureux. Bonne nuit…

JOUR 8: Aujourd’hui, nous devons nous attaquer à une montée fulgurante à travers les forêts denses du Sarek. Une fois en haut, quelques Parovita et hop, nous voilà repartis! Deux heures plus tard, nous voilà arrivé et installé au campement du soir. Quelle journée épuisante, mais nous nous réjouissons d’un bon repas chaud et d’une bonne nuit de sommeil.

 


  • Islande

Date: Juillet 2015

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Récit de Pierre-Yves:12017719_1133614979986854_6931129689693395952_o

L’Islande c’est le pays qui fascine tout le monde depuis leur tendre enfance. Et bien pas moi, j’y avais jamais pensé moi à ce tas de cailloux perché dans l’océan Atlantique. Enfin jusqu’au jour où, on a eu cette réunion Passeport Expé. Chacun devait donner son avis quant à la destination de l’expé de l’été et là, je ne sais comment, le mot est sorti de ma bouche : « Islande ». Vous allez probablement dire que je suis impulsif, jeune et con. Et bien j’assume, je suis impulsif, jeune et con et c’est tout ça qui m’a poussé à partir avec une bande de jeunes que je ne connaissais pas, dans le fin fond de lapampa islandaise.  Car oui, si nous étions tout un groupe à décider c’est finalement cette destination que je venais de proposer, qui s’est imposée… Ici se trouve peut-être toute la complexité et finalement la richesse de ce raid.

Pendant près de quatre mois, je me suis retrouvé de facto l’organisateur de  cette expé. C’est que pour moi, ce sera le grand voyage de ces très longues vacances de fin de rhéto. Je voulais donc faire tout, pour que ce soit une réussite. Pourtant, plus la date du départ approchait, plus une certaine peur me tenaillait le ventre. C’est que je me sentais un peu seul face à tous ces trucs à organiser, ces contacts à prendre, …. Est-ce que j’avais vraiment envie de passer dix jours de mes super vacances avec des types que je n’avais vu qu’une fois à la réunion du choix de la destination ?  Difficile de faire demi-tour, autant y aller à fond. Je ne le regretterai jamais.

 

Seulement trois petites heures de vol nous séparaient du froid polaire islandais. Une fois arrivé, nous devions attendre cinq heures dans l’aéroport en attendant notre bus. J’ai passé ce temps avec Félix que je n’avais plus vu depuis une année. Je peux vous dire qu’en cinq heures, nous avons largement rattrapé le silence de l’année écoulée ! La complicité qui s’installe si rapidement entre nous est magique.

Let’s go, nous sortons de l’aéroport pour prendre le bus et un vent glacial me fouette le visage. Je me retourne vers Félix et d’un regard nous avions compris que ce raid allait être un vrai défi pour nous tous.

Nous démarrons notre trek en autonomie du petit village de Leirubakki. Notre groupe de 9 jeunes assoiffés d’Aventure ne pouvait plus attendre une minute de plus. Nous commençons notre périple par une longue journée de marche, le long d’une route rectiligne qui semblait interminable. Ca commençait mal, en plus de cela, nous livrions une lutte acharnée contre des essaims de mouches. Pour voir le bon côté de cette journée (parce qu’il y en a toujours un), c’est qu’à chaque fois qu’un camion passait sur la route il nous accordait un moment de répit dans notre combat. C’est comme si la société était là pour nous rappeler qu’on aurait toujours besoin d’elle pour avancer. Cette journée n’a fait qu’accroitre notre velléité pour entrer dans le vif du sujet et sortir des sentiers battus. J’en ai profité pour faire la connaissance d’Augustin, un gars vraiment génial. Je me suis tout de suite bien entendu avec lui et nous avons passé cette première journée à rire malgré son coté dramatique. Et voilà, vous avez devant vous les trois mousquetaires, le trio infernal de l’expé !

 

Les « bonjours » impersonnels de la part de tous les autres marcheurs que nous croisons défilent autant que les kilomètres. C’est à ce moment là que nous faisons la rencontre d’un couple génial : deux écossais d’un âge certain ayant le sens des vraies valeurs dans une société dans laquelle ce mot est bien trop souvent bafoué. Tout le groupe se prend tout de suite d’affection pour eux. Pourtant ce même soir, un nouveau sentiment me traverse. Je suis agacé, agacé par certains membres, nonchalants, du groupe. Vous voyez sûrement ce que je veux dire, toujours les mêmes qui font labouffe, montent les tentes, prennent des initiatives, … Il va falloir qu’on crève l’abcès à un moment donné mais comment ?

Ce soir là j’ai fait une autre rencontre. Félix et moi allons parler au ranger (gardienne) du refuge pour se renseigner sur la météo, notre itinéraire, … On entre dans ce petit container où la température avoisinait les 25 degrés quand il en faisait 0 dehors. Je croise alors le regard de sa fille, un regard innocent, plein de joie qui me transperce de part en part et me rebooste ! Nous éternisons notre conversation avec la ranger afin de prolonger ce moment de douceur réchauffée par un regard brulant.

 

Aujourd’hui, première rivière à traverser. Cette expérience s’est avérée très révélatrice de nos personnalités : nos deux accompagnateurs, parfaits dans leur rôle, les égoïstes, les altruistes, les fonceurs. Chacun de ces moments me rapproche un peu plus de Félix, d’Augustin et maintenant des accompagnateurs avec lesquelles j’ai été un peu prudent les premiers jours. Les quatre autres ont l’air de bien s’amuser mais nous ne nous parlons pas beaucoup. Cette ambiance de clan commence à peser sur le moral des troupes. Tout le monde l’a remarqué, pourtant personne n’a le courage de casser la glace, personne excepté Augustin. Ce gars à une capacité d’adaptation incroyable. Il sera alors le tampon entre chaque membre du groupe essayant d’apaiser les tensions, toujours de manière subtile.

Chaque jour, nous revoyons notre couple d’écossais et une réelle relation tacite naît entre eux et le groupe mais particulièrement entre eux et Rodolphe. A chaque rencontre je remarque les sourires échangés avec Rod. Un jour il retourne leur parler et revient le sourire aux lèvres. « Les gars, les écossais suivent le même itinéraire que nous avec le même objectif ! » Cette nouvelle n’a fait qu’accroître le sentiment d’admiration envers euxmais a aussi fait naître une certaine compétition.

 

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Les paysages continuent à se bousculer devant mes yeux qui se troublent parfois. Je pense énormément à mon pote Arthur resté en Belgique au chevet de sa mère, Sonia, en phase terminale d’un cancer. Chacune de mes pensées pour eux m’émeuvent beaucoup. Je veux rentrer ! Je veux être là près de lui mais impossible… Étonnamment cette tristesse me rend plus fort. C’est une vraie source de motivation. Je trouve du réconfort au près de Félix qui ne dit rien et m’écoute. C’est exactement ce dont j’avais besoin.

Notre route continue, toujours plus époustouflante. Le groupe commence à faiblir, certains se plaignent d’entorses, d’autres de sacs trop lourds, … Après le moral, le physique me fait défaut. Il nous reste une journée de marche, une ascension de col enneigé avec plus de huit heures de marche sur neige. Le groupe est partagé : Est-ce vraiment raisonnable d’y aller ? Voilà enfin la confrontation de l’expé, le moment clef du raid. Il y a des gueulantes, des cris, quelques larmes. Toute la pression de sept jours sans communication mais surtout de quatre mois, a fini par être insupportable. Je règle mes comptes, je leur jette ma vérité à la figure et je les force à en faire autant. Après deux heures de discussions intenses. Nous nous regardons enfin tous droits dans les yeux Maintenant on est vraiment près à profiter  de cette Expé, ensemble.

Nous passons le jour suivant à reposer nos corps meurtris par cette longue marche. Je ne peux m’empêcher de repenser aux Ecossais partis à cinq heures du matin pour avaler cette dernière étape… Une belle leçon de sagesse.

 

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Nous prenons le bus jusque Reykjavik. Nous passerons deux journées à visiter cette ville de long en large. C’est là que je rencontre Gauthier, depuis neuf jours je ne lui ai pas décroché un mot. Je peux vous dire qu’en deux heures on s’est rapproché bien plus qu’on ne pourrait le faire en deux semaines dans la « vraie » vie. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Qu’est-ce que je peux être con et têtu parfois …

Un tout grand merci à tout le groupe sans qui cette expé n’aurait pas été la même et à Capexpé, en tout particulier Dom, pour tout le matos !

Ce voyage se termine en apothéose avec un vrai groupe de potes, des étoiles plein les yeux !  Le vrai bonheur ne serait-il atteignable que lorsqu’il est partagé ?

Pour Sonia et Arthur.

Pierre-Yves. V

 

  • Espagne

Date: juillet 2014

Groupe: Passeport Expe 

Récit de Mathilde: 11705235_10153194810319006_3515628861426495931_n

Départ pour Majorque le 26 juin 2013, en fin d’après-midi. Nous sommes toutes excitées par l’aventure qui nous attend. Nous arrivons donc à Palma le soir dans une chaleur étouffante. Un bus nous conduit le lendemain au port d’Andratx, lieu de départ de notre randonnée de 135 km, à travers les montagnes Terra Montana, du nord de l’île. Il fait alors une chaleur accablante et nous ne pouvons pas commencer à marcher avant 17h. Pendant les deux premiers jours, nous nous levions aux petites heures (environ 5h30) et marchions de 6h à 11h. A ce moment-là, il commençait à faire trop chaud et, par chance, nous étions proche de la mer, ce qui nous permettait de nous rafraichir. Il n’était pas possible de reprendre la marche avant 17h. Nous marchions donc jusqu’au coucher du soleil, et posions nos tentes vers 22h, ce qui faisait que notre nuit était un peu couper en deux.  Heureusement pour nous, les jours suivants nous marchions plus dans la forêt où il faisait plus frais. Nous reprenions alors un rythme de vie « normal ».

Cette île est constituée d’une terre aride et sèche, parsemée de petites touffes d’arbustes secs eux-aussi. Il ne faut pas s’attendre à y trouver des sources d’eau. Pour nous, il nous fallait donc prévoir les jours où nous passions dans des villages pour se réapprovisionner et pour les jours où nous ne traversions pas de village,  nous devions prévoir au moins 3 L d’eau par personne pour 1 jour et demi.

Notre itinéraire de la Pierre Sèche était magnifique et a duré 8 jours. Il nous a fait traverser de belles montagnes, marcher le long de falaises surplombant la mer, passer par des forêts enchantées et découvrir de somptueux villages reculés de l’île Baléare.

 

  • Georgie

Date: Juillet 2014

Groupe: Passeport Expe

Recit de Guillaume:1554472_694436213913524_305906521_n

Cette année, la fine équipe du Mont Blanc s’agrandit et se prépare pour un projet plus ambitieux encore que le précédent : le Caucase.  Cette chaine montagneuse, plus sauvage que les Alpes nous a attiré non seulement pour ses sommets culminants à plus de 5000m, mais aussi pour la découverte d’une culture très différente de la nôtre.  Cette expérience de solitude, d’éloignement rajoute à l’aventure une saveur encore inconnue pour la plupart d’entre nous, et c’est grisant. Sur place, nous randonnerons une semaine pour s’acclimater afin de clôturer la seconde semaine par l’ascension du Mont Kazbek (5033m).

 

 

  • Norvège

Date: juillet 2013

Groupe: Passeport Expe

Récit de Rodolphe:  971139_10201541594609885_1642889158_n

Alors l’Hardangervidda j’ai trouvé ça vraiment extraordinaire c’est magnifique  et c’est à mon avis une des plus belles régions que j’ai jamais vue! Cela ma permis d’un peu me déconnecter du monde et je trouve cela important dans la vie d aujourd’hui  qui est toujours remplies de gsm etc… Se retrouver un peu soi même c’était le but en tout cas pour moi et il a été parfaitement atteint grâce a ce cadre splendide. Apres toute la vie en groupe c’est elle aussi super bien passée une bonne entente générale et beaucoup de bonne humeur!

Rodolphe M

 

  • Croatie-Bosnie

Date: Juillet 2012

Groupe: Passeport Expe

Récit de Julien:248662_10201755697389693_777560082_n

Avant-propos :

Une année de préparation pour un raid de 15 jours. L’année « expé » de l’asbl passeport propose aux jeunes de fin rhéto d’organiser eux-mêmes leur trip.

Nous étions 3 au départ. Mais Dorian et Rodolphe nous ont rejoints (en dernière minute), à notre plus grand bonheur.

Donc il nous faut 1 pays chaud, avec de beaux paysages, dépaysant mais pas trop difficile d’accès ni trop dangereux… LA CROATIE ! Il nous faut de l’eau pour nous rafraichir sous ce climat chaud ? Allons sur les iles. Et c’est ainsi qu’au fil des recherches et des réunions nous programmons le périple de traversée de la Croatie du Nord au Sud par les iles et ensuite une remontée de la Bosnie (en passant par Mostar) jusqu’à Sarajevo. Tout cela à vélo car on veut se différencier des autres raids passeport qui se font à pied.

Joseph et Rodolphe sont bien rentrés de Norvège, on est prêt, le départ est fixé au 15 juillet.

1er jour : 15/7 : départ cool.

Le RDV à Rixensart (chez joseph qui habite à 2kms de chez moi), initialement prévu à 16h, est reporté à 21h. C’est spécial de quitter la maison et la famille en partant à vélo. Assez atypique mais pourquoi pas… ça fait aventurier !

On charge les 6 vélos sur la remorque (que j’ai prêtée), on reçoit les dernières recommandations des parents (concernant les mines et le camping notamment) et on est parti J

On roule 2h jusqu’à la maison des grands-parents de joseph, dans les Ardennes. Arrivés à 11h, joseph va dormir (longue route demain) tandis que l’on regarde les 101 dalmatiens, bon trip.

2ème jour : 16/7 : long trajet

Lever à 6h30 pour arriver ce soir en Croatie. 1er arrêt à la boulangerie, second au Lidl pour acheter le déjeunez de580758_441546689222791_57853488_ndemain (+…). Mais l’épopée « batterie de l’appareil photo de joseph » commence… au 1er maga, il n’y a pas la bonne et le marchand nous envoie à la ville suivante. Normalement facile à trouver, près de l’autoroute, on a quand même du mal. Joseph gère l’allemand, heureusement. On voit que ça aide de connaitre la langue du pays ; L’anglais aurait surement suffi mais bon. Joseph se fait la 1ère blessure de guerre en… loupant la marche du trottoir !

On dort pas mal (il y a de la place dans la camio) et on met de la musique. Au jeu président, le trou de cul (perdant pour les non-initiés) 3 fois de suite paye un hamburger à celui qui gagne 3 fois. Louis est le pigeon et je gagne de justesse. Pendant ce temps-là, joseph tient le coup sur les autoroutes allemandes, autrichiennes, slovènes et croates. Je conduis 50 kms avant Ljubljana où on s’arrête pour manger. On trouve 1 mac Do. Ça fait plaisir ! J

A un moment, on est à une barrière et on suppose qu’il s’agit de la frontière. On montre la vignette avant que la dame nous dise qu’il s’agit d’un tunnel…

La Croatie ? Elle est dans l’Union Européenne maintenant ? Eh bien, non, pas encore ! Et qui dit pays non membre de l’UE, dit douanes aux frontières, et qui dit douanes aux frontières dit complications !

A la frontière pour sortir de la Slovénie, une dame vachement antipathique nous demande « documents, are you alone ?! » quand joseph se demande ce qu’elle nous veut. 

C’est donc aux alentours de minuits, après avoir traversé les vastes plaines agricoles de la Rhénanie et sillonné les plateaux alpins verdoyants  de l’Autriche et de la Slovénie, que la camionnette de Passeport, chargée à bloc, arrive à la douane croate ! Exténués par leur journée de voyage, il ne fait évidemment aucun doute  que les six jeunes présents dans la voiture n’ont qu’une seule envie : trouver un endroit pour dormir, et vite ! Seulement voilà, une grosse camionnette, chargée de six vélos (et de ses six propriétaires) et de bagages en tout genre ne passe évidemment pas inaperçu aux yeux des agents de la douane. Une fois à l’arrêt devant la cabine, Joseph, notre conducteur attitré, ouvre la fenêtre et confie nos cartes d’identités au douanier. Assez jeune et l’air méfiant, ce dernier n’a pas du tout l’air de nous faire confiance et malgré qu’il ait contrôlé nos identités,  décide de sortir un petit appareil clignotant qu’il dirige vers nous. C’est alors qu’un petit voyant lumineux rouge se met à clignoter de manière régulière. Sans hésiter, le jeune douanier nous lance d’un ton agressif : « You have drugs ! » Etonnés, nous nous regardons sans vraiment comprendre ce qu’il se passe et Joseph se retourne alors vers nous en nous demandant si nous n’avions pas apporté à tout hasard de la drogue dans nos fontes ! La confiance règne…Il faut dire que l’on est jamais à l’abri d’un petit malin qui aurait déposé la fameuse poudre blanche quelque part dans la camionnette. Mais bon, restons réaliste quand même !  Le douanier se fait insistant et commence à s’impatienter en nous menaçant. Dans un espèce d’anglais à moitié compréhensible, il nous dit alors: « If you don’t give me the drugs, I’ll call your parents et you’ll have to pay a lot of money and maybe more ! But if you give me the drugs, you’ll have only a punishment and you’ll be able to go! I see every day people like you and I know you have drugs!”

C’est à ce moment-là qu’on perd un peu le contrôle de la situation et que l’on se demande ce qu’il va se passer ensuite…Nous nous efforçons de dire au jeune douanier que nous n’avons strictement rien et qu’il peut vérifier nos bagages s’il veut ! De plus en plus énervé, le douanier nous oblige à nous garer un peu plus loin sur le côté et de l’attendre. Lorsqu’il nous rejoint, il reprend le même refrain en nous fusillant du regard. Nous réfléchissons alors ensemble à ce que nous avons bien pu amener et qui pourrait ressembler à de la drogue. Le sucre ! « Maybe, we’ve sugar and it looks like drugs ». Mais le douanier fait mine de ne pas comprendre ce que nous lui expliquons.  Quelqu’un se précipite alors vers le coffre, ouvre les paquets, prend le gros sachet de sucre et le donne rapidement au douanier  qui éclate de rire en voyant la marchandise. Sans doute se dit-il que l’on se paie de sa tête. Il ordonne alors à Joseph de le suivre afin de réaliser un test de drogue. Tout content, Joseph suit le douanier en se disant qu’il va passer un test de drogue pour la première fois ! Une fois dans la cabine, Joseph qui n’avait plus rien à perdre et qui se demandait quand même si tout cela avait un sens, demande au douanier : « Is that a joke ? ». Le douanier, étonné, le regarde puis se retourne vers l’une de ses collaboratrices en lui répétant la même chose : « Is thate a joke ? »Et à deux, il éclate de rire ! 

De retour dans la camionnette, Joseph nous raconte ce qu’il s’est passé et finalement, soulagés, nous quittons l’air de parking en rigolant. C’est donc ainsi que nous fûmes accueillis pour la première fois en Croatie ! Un accueil assez brusque et stressant mais dont on se souviendra encore longtemps !

(Page de Louis Trouveroi)

On arrive finalement à minuit à Rijeka et on trouve sans trop de mal le camping. Sauf qu’il est fermé et on dérange un couple enlacé. On va au suivant, aussi fermé. Bon ben à la one, on va camper dans la montagne… on fait 6-8kms sur une route en lacets avant de trouver une zone plate sur le bord de la route, idéal. 3 dans la camio, 3 sur les pierres, bonne nuit il est 1h30.

On est à nouveau en route à midi. Durant un arrêt essence, je veux remplir mes gourdes (1 bidon et une gourde avec pochette isotherme, 2.5L en tout). Ce n’est même plus une « Mme pipi » mais carrément une machine qui délivre un ticket pour entrer (50cent) !

On roule 2h jusqu’à la maison des grands-parents de joseph, dans les Ardennes. Arrivés à 11h, joseph va dormir (longue route demain) tandis que l’on regarde les 101 dalmatiens, bon trip.

3ème jour : vrai bon début de raid

529047_441542079223252_1071318817_n (1)On voulait partir à 6h30 mais finalement on dort jusqu’à 8h30. On va déposer la camio au camping (négocié 120euros  pour 10 jours). Le temps de tout préparer, d’acheter à bouffer pour une journée, d’aller imprimer l’horaire des ferrys, on observe la faune du camping (très joli dans le genre…) et on demande même comment fonctionne le réchaud MSR à des allemands. Ils ont l’air de s’y connaître mais ce n’est pas tout à fait ça. Ils disent que c’est cassé mais avec Rodolphe on arrive à le faire fonctionner (+ou-). On téléphone quand même à cap expé pour vérifier l’ordre des étapes (pas facile ces réchauds !).

On part donc à midi vers le sud et notre 1erferry. Le rythme est rapide sur la nationale, trop rapide… on demande à ceux qui tirent devant de calmer le jeu, on doit tenir 10 jours ! De magnifiques paysages maritimes s’offrent à nous.

On prend le ferry à 16h après avoir nagé dans la mer. Ça fait plaisir après ces efforts sur le vélo. On vient de rouler aux heures les plus chaudes mais avec la brise ça passe. 30min de traversée et nous voilà repartis sur l’île de Cres. On abandonne vite l’idée du chemin à travers tout à cause de nos fontes et des gros cailloux (cela aura servi à filmer les aventuriers J). Et on s’engage sur la route qui monte, monte, monte,… après la 3ème pause et un Joseph aussi rouge que son t-shirt et… ses cheveux, on désespère de voir la fin ! Enfin voilà le sommet mais la pente a fait des dégâts aux jambes.

Chaud bouillant cette aprèm, on continue sur un sentier caillouteux qui fait montagne russe. Assez amusant sauf quand on dérape. On passe par un village abandonné et on visite les bâtiments-ruines. Un peu glauque mais divertissant.

Enfin la descente (un peu trop pentue et dérapante  d’ailleurs) et il est temps de chercher un endroit pour loger. On évite de descendre jusqu’à la mer à Beli  et on trouve finalement un terrain à quelques dizaines de mètres de la route. On cuisine discretos dans le noir et on installe nos paillasses. 3 à la belle étoile, 3 dans la tente. Le terrain est un peu en pente mais ça passe (on se cramponne bien au dessus de notre matelas quoi…). Des allemands ne se gênent pas pour montrer qu’ils campent de l’autre côté de la route. A leur risque et péril (nous aussi d’ailleurs) car le camping est formellement interdit.

J’arrive à renverser toute l’eau de la casserole qu’on a eu du mal à faire bouillir… à recommencer ! Avec bcp d’eau, pas de couvercle et dans le noir, on parvient quand même à faire cuire nos pates. Accompagné de thon en sauce, on trouve cela délicieux à 22h30. En raid on se satisfait de peu de choses J. Dans une situation délicate ou inconfortable, il ne faut faire que le nécessaire (manger) et le gout passe après. On est entre mecs et les détails de la vie quotidienne normale sont parfois relégués au second plan. Style brossage de dents, nettoyage, propreté, habillement. On ne pense qu’aux besoins fondamentaux (se reposer, boire, manger) et on profite de cette simplicité. Bcp de gens n’aimeraient surement pas mais je trouve cela très enrichissant et amusant. On pourrait le comparer au carême, mais pour la société de luxe et de consommation. Pour moi, cette semaine de camping correspond à une retraite de simplicité. Il s’agit de se déconnecter de notre vie quotidienne pour vivre une aventure, une expérience. Pour réussir entièrement, je n’ai pas pris mon gsm et on écoute finalement très peu de musique.

4ème jour : l’île de Cres

559223_441542675889859_6669431_nLever tranquille, expédition « eau » au village (une gentille dame qui arrosait son jardin nous remplit nos gourdes), et on part à 9h. On entame directement une bonne montée avec des panoramas superbes. La suite est plus chill : un énorme faut plat descendant suivi d’une réelle descente nous amène à Cres (ville). 1h30 de vélo ce matin. On fait nos courses et on se boit une bière à une  terrasse, avec vue sur la lagune. Crès est très mignon avec ses ruelles et le port. La fontaine rafraichit bien. Comme il est 13h, on continue la pause à côté de la plage où on mange et on se repose. L’eau à +- 24°, très bonne.

Le trajet de l’aprèm (après 4h) est corsé. On roule sur un chemin de cailloux qui monte et descend constamment. Joseph et Rodolphe s’éclatent bien, Guillaume et Dorian suivent, et Louis et moi peinons derrière. Louis car il a des pneus de route et moi parce que mon vélo est très lourd et la tente au-dessus des fontes est assez haute. Centre de gravité haut= difficulté à manier le vélo. En plus il continue à faire chaud !

À l’arrivée sur une grosse route, décide de se séparer. Joseph et Rodolphe prennent le chemin et les 4 autres la route. Mais d’abord une belle pause car Joseph et Guillaume ont crevé leur pneu. Une voiture s’arrête et le gars commence à causer avec Joseph car il est polonais et il a vu son T-shirt « Polska ». Joseph attire les gens qui veulent parler en fait, on avait déjà eu le coup sur le chemin de cailloux.
Une belle montée s’offre à nous mais le panorama en vaut la peine… ainsi que la descente. 10% de pente ça passe quand même mal.

On arrive au lieu de RDV après 1h30 et les 2 autres ne sont pas encore là alors qu’il est 8h15… finalement je vais voir et je tombe sur Rodolphe. Leur chemin (en herbe) était horrible il parait. On trouve une petite terrasse de pierre au bord de la route (à Vrana) et on cuit nos pates (+ soupe) dans le noir. Au dodo (à nouveau 10h)

5ème jour : ferry vers Zadar

Lever, rangement, déjeuner, brossage de dents (il faut le souligner, pour une fois…) et on est go ! 16kms sans s’arrêter378224_10150967461572335_1749667015_n et on se repose à l’ombre. Mais Joseph a de nouveau crevé ses 2 pneus  (3ème fois) et ira en auto-stop à Mali-Losinj, ville où on prend le ferry vers Zadar. Rodolphe nous rejoint enfin (il a essayé de nous rattraper, sans succès). On refait une pause 5kms plus loin. C’est dingue comme on se satisfait de béton pour s’assoir. Voire même se coucher car c’est la position qui soulage le plus le dos et le cul. On redémarre et après 4kms Rodolphe se rend compte qu’il a oublié sa montre à la pause… il part en essayant de faire du stop, revient en courant (le stop n’a pas marché), repart en vélo et nous avons finalement eu droit à une pause de 45min.

Arrivée  à Mali-Losinj à 12h30. La fontaine fait plaisir. Faire les courses, remplir les gourdes et retrouver Joseph qui a réparé son vélo. On se pose à 1 terrasse avec une glace suivi d’une bière ou d’un cocktail. Passe tout bien ! Avant d’embarquer on va nager et il y a même une douche J. (On se lave carrément, ce n’est pas tous les jours qu’on a de l’eau douce !)

On part à 16h30 vers Zadar. On joue un peu aux cartes, on mange biscuits et chips, on écoute de la musique (mon baffle), on lit, j’écris. On joue aux cartes (menteur et tas de merde) et on se tape des trips de malade sur le jeu mais surtout sur nos voisins (ronfleurs, vieilles dames offusquées,…).

En arrivant  au port, une dame et sa fille nous proposent une chambre d’hôte. On trace à vélo pour suivre la voiture, en mode poursuite. Pendant qu’on boit un jus, 2 français (qui logent aussi chez la dame) viennent discuter et nous proposent de sortir au centre. Il est déjà minuit mais on accepte. On s’entasse à 6 derrière dans leur petite voiture et on va se poser sur le port. Un ingénieux système transforme les vagues et le vent en sons comme un orgue. Ils sortent les bouteilles d’alcool et on discute. En rentrant, on passe par une boite/bar avec une moyenne d’âge assez élevée. On rentre se coucher, il est 4h !

6ème jour : Uglian et Pasman

531536_441543442556449_722584651_nOn se réveille à… 11h30 J on déjeune nos corn flakes et on va au port. On prend le ferry à 14h45 après une bonne pause à l’ombre des arbres. On entend quand même pas mal de francophones.

Après quelques kms sur Ugljan (île en face de Zadar), on se pose pour nager et manger nos pique-niques. On redémarre le long de la côte sur un sentier. On enchaine quelques kms sur la grand- route, on passe un grand pont pour aller sur Pasman et on bifurque sur un sentier qui monte au milieu de l’île.

En demandant pour prendre de l’eau chez des particuliers, on reçoit un jus et on discute un peu malgré la différence de langue. Souvent les gens parlent allemand et/ou quelques mots d’anglais (on espère). Demain ceux qui iront demander l’eau recevront une sangria !

Bref on roule sur ce chemin de pierres qui monte et qui descend. C’est dur mais cool. On se donne bien. Joseph recrève encore… il est 8h et on commence à chercher un endroit de camping. On hésite à se taper sur le chemin mais finalement on atteint le sommet suivant. On monte nos paillasses sur un champ de pierres. En arrangeant bien celles-ci (les plates, écarter les grosses,…) et avec un bon matelas on ne sent même plus de piques dans le dos.

Le coucher de soleil est dingue et on a une vue magnifique. Diner riz (pas assez cuit : merci Joseph !) avec thon et saucisses zwan et au lit à 10h. Observation des étoiles, couchés dans son lit, un plaisir J

7ème jour : Vers Sibenik

On se lève 1h plus tard que prévu mais on démarre quand même plus tôt que les autres jours : 8h40. On va jusqu’au293056_441542455889881_1085035669_nport (majorité descente) et on prend le ferry pour regagner la côte.

Après une pause « Lidl » (on fait la connaissance des Gervais !! on va même en racheter tellement on adore) et réparation des pneus, on va jusqu’à un lac. Malheureusement il n’y a pas d’ombre tout près et on s’arrête à 13h à côté de ruines, à l’ombre des arbres.

Grosse discussion sur la suite de l’itinéraire : on continue sur les îles à partir de Split ou on coupe vers Mostar en pleine Bosnie ? Joseph et moi essayons de convaincre les autres mais ça ne fonctionne finalement pas (1h30 de discussion quand même !). On craque des bières (maga trouvé à 50m de notre endroit) (même à la pomme) avant de repartir à 16h30.

Une route de campagne nous balade au milieu des champs, de collines en collines. J’ai beaucoup d’énergie (dû à la longue pause) et je fonce. Je dois aussi extérioriser la petite frustration de ne pas faire la Bosnie. Rien de mieux que le sport pour se défouler. Et en effet après 1 ou 2h ça va bien mieux J

À un mini village, un gars est appuyé à sa clôture. Il tire la tête et montre la maison d’en face en ayant l’air de nous prévenir de quelque chose. Je vais discuter mais il me parle croate… (Tjrs sans trace de sourire). En fait il a l’air énervé personnellement contre eux. Après lui avoir demandé le chemin, on repart.

Un long chemin de gravillons nous amène à un gros village où un concert à lieu en plein air. Des orchestres (équipes ? compétition ?) se relayent. Puisqu’on est le 21 juillet on peut bien craquer, donc on craque et on s’assied à un resto car il est déjà 19h30. Un méga mixed grill (avec des frites mal faites) nous donne la viande qui nous manquait depuis quelques jours. On finit le diner dans le noir (9h) et on doit repartir…

Trouver un endroit où loger n’est pas évident dans le noir, surtout au bord d’une grand-route. Après avoir essayé le port (jetée en béton) et un chemin, sans succès, on se décide à aller jusqu’à Sibenik. C’est une nationale, heureusement qu’on a des phares et des gilets fluo ! En plus on a l’orage derrière nous et on a peu envie de se faire doucher…

Après 10 petits kms, on arrive au centre et on décide de tenter de notre chance à la gare. Heureusement le garde est sympa et on peut dormir dans le local où on prend normalement les tickets.

Après une nouvelle bière (on ne compte plus…), on s’endort à 11h30…mais pour combien de temps ? (en plus ce n’est pas évident de s’endormir avec la chaleur).

8ème jour : Split et Brac

Ça va Le 1er train de la journée est à… 4h20 ! (oui, pire qu’en Belgique) et on le prend. +- avec les vélos et toutes les fontes. Pas trop de contrôleur, on ne sait pas trop où payer, bref arrangement à la croate. Correspondance vers Split (chipotage, pas évident de caser  vélos…). On a enlevé les fontes et ça fait aussi pas mal de sacs dans le compartiment.

564132_441547552556038_1601074174_nNous arrivons finalement à 7h à Split. On a un peu somnolé dans le train mais le manque de sommeil se fait sentir. On se pose sur le quai pour déjeuner (corn flakes, comme d’hab). On fait ensuite un petit tour dans la vieille ville (ancien palais, église) et on passe au supermarché avant de prendre le ferry de 9h.

Sur l’île d’en face, Brac, notre objectif est d’atteindre l’autres côté de la montagne pour monter dans le ferry à 17h20. Mais une 1ère montée hard, suivie d’une seconde (en fait je les compte suivant les pauses car on ne fait QUE monter…) commencent à pousser à bout les organismes de la plupart des cyclistes. Bizarrement aujourd’hui je suis en pleine forme… je monte sans problèmes, sur-motivé. Pour Rodolphe aussi ça passe tranquille.

Après une pause réparation des pneus crevés et bouffe, on repart sur une route en lacets encore en montée. Joseph me demande en haut comment je fais pour avoir toute cette énergie et je vais tenter de vous répondre. J

Nous avons plusieurs jours d’efforts à vélo derrière nous mais sans forcing. Aujourd’hui est l’étape de montagne la plus difficile (un peu comme un tour de France). Le sommet est à 620m d’altitude et on le sait à l’avance. Dans ces conditions, il se passe comme un déclic dans ma tête. Mais imperceptible, même par moi-même. En fait je pense qu’il s’agit d’un déclic… c’est dans la 1ère montée, quand je sens que je suis bien, que j’en veux. Je passe alors en mode combattant (plutôt battant) ; comme un défi intérieur de faire de mon mieux qui se met en place. À ce stade rien ne me résiste, je fonce. Encore plus si les autres sont derrière car alors je me sens fort, sportif, en forme dans ma tête et mon corps (un peu arrogant, trop fier, je sais ; heureusement que ça reste dans ma tête). La musique m’aide aussi à me surpasser. Ici j’ai installé mon baffle sur ma sacoche à mon guidon et c’est juste le bon niveau sonore J

562846_10150967462187335_42038170_nEn fin de compte, en additionnant les petits efforts, j’en arrive à la satisfaction durant et au bout de l’effort. Je me suis dépensé ; j’ai poussé mes jambes mon cœur, mes poumons et ma tête jusqu’au maximum (ou presque). Vous n’imaginez pas (ou si, peut-être…) le bonheur profond que cela procure.  Une confiance en soi, le goût de l’effort quoi !

Bref on arrive presque au sommet. Je vais voir ce qu’il reste comme pente et je reviens prévenir les autres que ça a l’air d’aller. On se pose sous un arbre pour manger et se reposer 1h.

On se remet en selle à 16h. Le ferry est à 17h20 à Bol. Il faut descendre les 620m d’altitude : d’abord sur macadam et ensuite sur un chemin caillouteux. Les complications arrivent quand Guillaume crève son pneu (encore une fois…)

On n’a plus de chambres à air adaptée et on prend donc une rustine de Dorian. 3 repartent déjà alors qu’on finit de réparer. Mais ça se dégonfle tjrs ! Les rustines sont parties, on est dans la m… Rodolphe part les arrêter et je suis à pied avec Guillaume (vélo à la main). On essaye d’attacher ses fontes à mon vélo pour qu’il puisse courir mais après 2 tentatives ratées (les fontes touchent la roue ou trainent par terre), on abandonne. On se regroupe mais il reste 6-7kms jusqu’à Bol. Tant pis pour le ferry ! (la seule voiture qui passe n’a pas la place pour prendre le vélo, c’était la dernière chance…)

Je fais le trajet à pied avec Guillaume pendant que les autres vont en vélo. On les retrouve 1h plus tard avec des bières sur une petite place.

Et maintenant l’histoire de la boulangère… : il se trouve qu’à côté de nous se situe une boulangerie avec une très très très jolie jeune boulangère. Louis et Joseph partent les premiers dans le trip et on va même acheter des petits pains pour manger ce soir et surtout pour la voir de tout près ! On en rigolera et on fera des blagues sur elle jusqu’à demain (et même après…).

Comme il est 8h, on bouge pour chercher un endroit où dormir ce soir. Hors de question d’aller loin avec le vélo de Guillaume (2 pneus crevés mnt…). On cherche d’abord le long de la plage (on se relaye de temps en temps à 2 pour courir avec le vélo crevé ; tjrs en pleine forme moi J)

Mais comme il n’y a rien, on va au camping « Mario ». On monte les tentes et on dort. Même pas besoin de manger ; on a bu des bières, mangé des chips et des petits pains J.

9ème jour : Détente, décision et montée à Bol.

557174_10150967468267335_974013849_nOn se lève bien tard (sommeil à rattraper !), on a presque dormi 12h !

Comme tous les bons campeurs, on prend une douche, on mange, on fait la vaisselle, on range et on repart enfin vers le centre du village.

Guillaume et Dorian vont au magasin de vélo pendant qu’on va à 4 au cybercafé checker les horaires du ferry et au supermarché.

Le ferry n’étant qu’à 17 h 20, on se pose en attendant à l’ombre des arbres : bières, discussion, pique-nique et repos. On passe de plus en plus de passeportois à vacanciers ordinaires…

Une fois arrivés sur le quai pour prendre le ferry (un catamaran) on se rend compte qu’il n’accepte pas les vélos ! 24 h d’attente pour rien !

A nouveau, remise en question de l’itinéraire (ça fait plusieurs fois en quelques jours). On se met d’accord (pas facile) pour aller à Sumartin prendre le ferry vers Makarska (sur la côte du continent) et ensuite Joseph fera du stop pour récupérer la camionnette à Rijeka et on fera 5 jours de Bosnie-Croatie-Belgique en mode roadtrip.

Il y a 24kms sur une +- grosse route vers Sumartin, presque de l’autre côté de l’île (tjrs Brac). Le début est évidemment terrible (ou génial, suivant le point de vue) pour monter jusqu’à 420m d’altitude.

Reposé de toute la journée, je suis en pleine forme et j’avale les 7kms de montée sans m’arrêter, à un masta bon rythme (en plus il y a un beau vent de face à chaque passage de l’arête qui donne sur la mer). Je vois des endroits de camping au sommet et je retourne chercher les autres ; je les rejoins au 2/3 de la montée (Rodolphe avant). Je les motive (j’ai tjrs la musique sur mon guidon) et on arrive tous en haut à 19h30. On décide de continuer (plutôt descente) jusqu’à ce qu’on choisisse un endroit sympa pour dormir… il faut trouver avant Sumartin ! Finalement on choisit un chemin +- caillouteux parallèle à la route (on ne nous voit pas). On mange nos spaghet-bolo-pêche (ca fait déjà 2 jours qu’on les transporte) et on s’installe à la belle étoile pour dormir.

C’est sans compter sur l’orage qui nous nargue. Pendant une bonne demi-heure, on regarde les éclairs sur notre gauche mais à un moment, il commence à pleuvoir. On monte les tentes en vitesse et on est prêt à dormir. Mais ça douche de plus en plus. Difficile de s’endormir avec le vacarme que ça fait sur la tente ! (ça rappelle l’Irlande tout ça…). Ça se calme enfin et le sommeil à raison de nous.

10ème jour : Makarska sur la côte et séparation

558268_10150967459682335_1323036582_nJe me réveille à 7h, en sueur. Il fait étouffant dans ces tentes, même en caleçon sans sac de couchage. Je me repose, je lis, j’écris.

On part à 9h30 et on fait de la descente J. Une belle, grande, longue et pentue descente, en macadam ! On arrive à 10h à Sumartin mais le ferry est parti à 9h30… le suivant est à 13h. En attendant, on glande sur le quai. Un pauvre monsieur bade à mort avec son zodiac. Il n’arrive pas à faire démarrer le moteur. Dorian l’aide mais sans succès. Seul au milieu du port…

On fait aussi les comptes, maintenant qu’on a du temps.

Pendant qu’on est dans le ferry, il commence à pleuvoir. À l’arrivée à Makarska, ce sont des torrents d’eau qui se déversent dehors L

On se réfugie vite sous un parapluie= parasol. On prend une bière (dégueu celle-là, on ne terminera pas, en fait on avait pas vu qu’elle était sans alcool) et on mange le pique-nique, comme chaque midi. Sauf qu’aujourd’hui, la baguette a pris cher sous la pluie… on se rassasie quand même. Je gratte le mouillé au-dessus de l’eau (pour satisfaire les éventuels poissons et parce que c’est le meilleur endroit J) et je garde ce qui est mangeable en cas de besoin ultérieur. Ça doit être mon côté Verstraeten qui ressort !

Quand la pluie cesse enfin, Joseph part faire du stop (on espère qu’il mette moins de 2 jours jusqu’à Rijeka). Nous partons à 5 en vélo dans l’autre sens, le long de la plage. On traverse les villages super touristiques. On doit éviter les piétons et même une fois une dame qui joue au badminton ne me voit pas arriver et cogne mes fontes.

Au bout d’une « digue », il faut porter les vélos sur un escalier pour accéder à la grand-route. C’est éprouvant, même à 2 pour chaque vélo.

Il est 5h et on commence à chercher pour un endroit de camping. On hésite sur la plage mais ce n’est pas idéal. Je fais d’ailleurs un petit tour dans le maquis où je manque de me péter la gueule : pierre + mouillé…

On trouve quelques minutes plus tard une table où on s’assied pour prendre un gouter. On se rend compte que les arbres sur le terrain à côté sont espacés, parfait pour camper ! (en plus on est caché de la route). On retourne à la plage pour profiter de la mer et du soleil. Il y a même une douche J

Moment de pur bonheur avec le livre de Mère Teresa (beau passage), des biscuits, la vue (mer et île derrière) et la musique (iPod). Quand le soleil disparait derrière les arbres, on remonte à la table (sale petite montée d’ailleurs) et on se fait notre bouffe : riz, champignons, bolo. Très réussi pour une fois (on a juste pas de sel). Après avoir mangé, évidemment, tout le monde est de bonne humeur et on se poile bien. Dès qu’il fait noir, on va s’installer, à la belle étoile avec les tentes comme bâches pour éviter l’humidité.

On stress un peu quand un passant est sur la route, on est dans la totale illégalité. Et je ne vous dis pas lorsqu’un chien aboie dans notre direction…

11ème jour : défi solo et attente

Dodo jusqu’à 4h30 et… la pluie.

On hésite mais finalement on monte les tentes (un peu n’importe comment d’ailleurs). Redodo malgré les affaires mouillées, la tente qui perce, le bruit de la pluie,…

564695_441548765889250_2070988209_nÀ 6h, je me re-réveille, c’est mon heure… ! Je m’habille en vitesse ; ma 1ère chaussette est habitée par un cloporte (je l’écrase avant de m’en rendre compte et de le déloger) tandis que ma 2ème est trempée (j’en prends une autre dans mon sac). Je mange le reste de riz (froid) d’hier. J’ai 2 fontes (sur 3), de l’eau, des vêtements, ma baguette (celle mouillée d’hier J), la carte, d’autres trucs inutiles et je suis parti ! Mais où ? Ben je grimpe en vélo, monter, tjrs monter, plus haut, plus loin. Je traverse un village et je rentre dans un parc national (sans payer les 40 kunas…). Je passe les lacets dans la forêt et je débouche sur une magnifique vue de la côte.

Je bascule à l’intérieur des terres où se succèdent des collines escarpées (heureusement la route est +- plate, serpente entre). Je croise aussi des vaches qui se foutent royalement de moi (y a intérêt sinon je ne sais pas comment je passerais…). Je comptais prendre un chemin vers le sommet à 1300m mais je ne le vois pas  (pas très bonne carte, Rodolphe trouve aussi) et je continue. À un embranchement, je vois indiqué « sommet SV Jure, 6kms ». Allez, go, je fais le fou, je monte ! La fin est très hard (finish comme aux sports d’hiver, 6 lacets). Je parviens au sommet, à… 1762m d’altitude. Toute cette grimpette depuis la mer, en 2h40. Bel exploit. Je contemple et profite mais malheureusement, des nuages (voire brouillard) bouchent la vue.

À côté de la chapelle (fermée), je rencontre le gardien (je suppose) et il me propose de boire une gorgée d’alcool. Fort mais ça donne 1 coup de fouet. Je prie, devant la montagne pour moi. À 9h45, j’entame la descente. Un peu plus d’1h pour faire les 30kms.

Je rejoins les autres à la plage et on est cool en attendant des nouvelles de Joseph. Nager, bronzer (cramer pour certains), dormir (j’étale carrément mon matelas), lire (Rodolphe et Guillaume ont adopté mon livre Mère Teresa). La touche allumer de l’iPod de Louis est dégommée, il a besoin de mon chargeur pour écouter de la musique.

À 17h, on retrouve Joseph au village à côté. Il a fait du train et il est revenu en camio aujourd’hui (7h de route quand même). On attache les vélos et on est parti sur la nationale de la côte vers Ploce, puis Mostar.

On prend en stop 2 jeunes françaises jusque Mostar, assez sympa. Alors qu’on est coincé dans le centre, face à une rue piétonne, on largue nos françaises et on récupère une dame qui va nous mener à sa chambre d’hôte. Logé en plein centre, avec un parking (même gratuit !), on est bien !

Après avoir pris possession du lieu et fait un tour sur l’ordi, on sort dans les ruelles. La dame de l’appart nous montre un bon resto où on se prend 2 immenses pizzas pour 6 (et c’est assez). Son mari nous rejoint, on discute et à 11h, il nous amène à un bar-discothèque. Comme une grotte (dans la roche), la musique est bien (occidentale). Je réussis le pari de danser le rock pendant 45 secondes avec une inconnue (je dirais sud-européenne). Elle a l’air de trouver ça drôle… y pas beaucoup de monde par contre. Surtout pas beaucoup de filles : les 4 autres (Joseph est rentré, trop fatigué après tant de route) ne peuvent (veulent) pas tenter leur chance pour un rock. J’essaye une 2ème fois mais la fille ne veut pas.

Après 2 bières, on change d’endroit et de style. On va sur la place où un chanteur (connu en Bosnie apparemment) est entouré de 200( ?) Mostariens.

À 1h, on retourne se coucher (levé à 6h, il ne faut pas oublier !). Je m’endors avec plaisir dans un vrai lit J

12ème jour : Sarajevo

530004_10150967472977335_2006818826_nMême si on a un peu visité le centre by-night hier, on retourne ce matin. Ça prend 1h de faire le tour de la vieille ville (et le sacré pont). Cette guerre de 1992 à 1996 est complexe avec 3 intervenants + les nations unies. Mais grâce aux séries d’explications , je commence à comprendre (un peu…).

Notre ami le tenancier des chambres d’hôtes, qui a failli faire une carrière de foot, qui est ceinture noire de judo et qui s’entraine (course) 4h par jour, nous renseigne un pote à Sarajevo.

Arrivé sur place à 15h30, après un mac do, on appelle notre ami, qui lui appelle son pote, qui vient nous chercher à un parking. On refait le 551135_10150967472642335_133867869_ntour de la ville (déjà fait une fois) pour aller à sa chambre d’hôte. La remorque dans un  garage de la rue, les vélos dans la petite cour, la camio garée et nos fontes dans la chambre, tout est bon. On va visiter la ville à 17h.

Cette ville est caractérisée par 2 choses : les trous d’obus dans les murs (siège de 3 ans quand même). Et les religions qui cohabitent. Dans une rue, vous pouvez trouver une mosquée, un temple juif, une église orthodoxe et une catholique. Dingue ! On voit aussi l’endroit où a été assassiné l’archiduc d’Autriche-Hongrie, ce qui a déclenché la 1ère guerre mondiale.

On se pose sur des marches et 2 jeunes bosniaques viennent vers nous. « Have you drugs ? » No !  « give me money » heu… no ! « and you, and you !”. Ils repartent. On a eu droit à une sorte de racket raté on va dire.

À 19h, on prend une bière et on mange (+- local) à un resto (dehors). Ce soir il y a un match de foot de Sarajevo. Les bosniaques sont surexcités. Il y a surement des hooligans dans le tas. On voit une procession qui va vers le stade en chantant.

Comme tout le monde est fatigué, on retourne déjà se coucher à 8h. À 9h on dort tandis que Joseph et Rodolphe vont chercher un jerrican d’essence (problème de capteur finalement).

13ème jour : vers Zagreb et le frère pèlerin

524233_10151090072427962_1650801743_nOn se lève à 10h. ca fait 13h de sommeil. Bon moi j’étais réveillé plus tôt mais quand même. On se prépare et on part. Direction Zagreb pour voir Laurent, le frère de Joseph, qui démarre son tour du monde d’un an.

Le trajet est long par les nationales bosniaques. Heureusement les paysages montagneux sont beaux. Il y a la rivière en contrebas. Une seule pause déjeuner pour 7h de camio ! D’ailleurs de fromage à tartiner que j’ai acheté est mauvais. Mais personne n’a voulu venir avec moi ce matin quand on était bloqué dans une rue car une camionnette avait tapé dans une voiture garée.

On retrouve Laurent à Sisak, à côté de l’église. Il est parti de Rixensart 185812_441549732555820_55062196_nil y a 4 jours. Il compte marcher, faire du stop et découvrir différentes cultures. Il fait l’Europe de l’Est et l’Asie.

On achète de quoi diner et des bières et on va s’installer le long de la rivière pour cette nuit. On trouve une place à côté d’un château-hôtel. Il y a pas mal de moustiques mais l’anti-moustique fonctionne bien.

Dernière nuit à la belle, avec Laurent. Un renard pas farouche nous tourne autour et fais même très peur à Laurent tellement il s’approche au-dessus de sa tête avant qu’il ne se réveille. Certains veillent mais je ne me réveille même pas.

 

 

14ème jour : retour en Belgique

562701_10150967473317335_247611211_nDépart à 7h (après un petit dèj corn flakes). Destination Zagreb pour commencer. Laurent doit y chercher un nouveau panneau solaire chargeur et nous on aimerait visiter un peu la ville. Certains ayant peur qu’on se fasse voler les vélos (même dans les parkings souterrains), on tourne 30min dans la ville en camio (avec tous les sens interdits) avant de repartir. Perso je n’ai pas trop compris l’intérêt… pas grave, je prends sur moi.

À 9h30, on est reparti après avoir dit au revoir à Laurent, direction la Belgique.

C’est un très long trajet mais Joseph est un surhomme pour la conduite. Il tient toute la journée au volant, avec une seule grosse pause pour manger au Burger King (on l’a assez attendu !), plus les pauses essence. La musique fait aussi du bien dans la camio.

On arrive à Herman-Debroux à 1h du mat, un peu zombie mais sinon ça va. On débarque les 4 autres qui vont faire du vélo pour rentrer tandis que je rentre sur Rixensart avec Joseph.

Me voilà enfin dans mon lit (ce serait faux de dire que je n’en ai plus eu depuis 15 jours…), fin du raid expé, trop content J

Conclusion :

Passeport est définitivement un groupe de dingue ! J Vraiment des gens motivés par l’effort, motivé par le camping parfois dantesque, motivé pour découvrir et partager.

Il y a évidemment des différences de caractères qui créent parfois des tensions. Passer 15 jours à décider et vivre ensemble cela exacerbe les discordances mais dans l’ensemble, pas de souci majeur.

Dans le choix du pays, on a peut-être fait l’erreur de ne pas rouler assez isolé des habitations et villes. Bien sûr cela permet de se réapprovisionner autant que l’on veut et de ne pas risquer de manquer de quelque chose mais en même temps, on a été obligé de voir des nationales et pleins de voitures…

Les ferrys c’est pas mal pour se reposer aux heures chaudes mais à cause de cela on est dépendant d’un horaire et cela met du stress.

Dommage que l’on n’ait pas pu faire la Bosnie en vélo mais c’est à mon avis un bon pays pour une prochaine expédition… avis aux amateurs de montagne et d’isolation (plus insolation J) !

Je cherchais de la nature, j’en ai eu (même si ça aurait pu être encore plus isolé). Je cherchais du sport, j’en ai eu (même si mes compagnons auraient pu être aussi motivés que moi, cela m’aurait soudé au groupe d’avantage, surtout sur la fin). Tout voyage est perfectible, on verra si ces défauts se retrouvent dans le prochain raid… J

Julien H

Bien rentré !

novembre 12th, 2012 by Rod

599997_441549989222461_555555153_nHermann de Broux, sous le pont, dans la nuit et dans le froid national. Arrivent 6 jeunes crasseux, puants et fatigués…  Ils sont là. C’est fini ils vont rentrer chez eux en vélo, de nuit par petit groupe ou seul.

C’est le moment de se quitter. On dispatche le matos, préparons nos vélos pour un dernier trajet.  Et c’est au moment de se dire au revoir qu’on se remémore entre nous quelques bons moments et quelques anecdotes qui nous font rire et sourire.  Et c’est là qu’on se rend tous compte que nous avons vécus un sacré voyage qui fut intense en aventures, découvertes et en sports. Nous n’avions fait que deux semaines de vélo et pourtant nous avions tous l’impressions d’en avoir fait quatre ou plus. C’est sans doute parce que nous avons vécus beaucoup de choses en peu de temps. Et tous ces faits se transforment maintenant en souvenir, nous rentrons dans  » l’après-expe  » …

Rod

  • Italie

Date: Juillet 2011.

Groupe: Passeport Expe

Récit de Arthure:  arthurl-150x150

Jeudi 14 juillet

Il est six heures et demie ce matin lorsque mon réveil sonne. C’est aujourd’hui que ce fait le départ de notre raid à vélo en Italie. Ce raid est un peu particulier vu que nous l’avons préparé nous-mêmes.

Avant de partir, je boucle mon sac, prends un bon petit déjeuner et prépare mon pique-nique pour ce midi et ce soir. Vers sept heures et demie, je vais chercher mon vélo au garage et la remorque. Je charge mon sac et vers huit heures moins dix, je pars à vélo en direction du cinquantenaire.

J’arrive à huit heures et seul Brieuc est déjà présent. À huit heures vingt, Pierre et son frère Louis arrivent avec la camionnette. Nous chargeons les vélos de Brieuc, Pierre et Louis et ma remorque dans la camionnette. Mon vélo voyagera sur le porte-vélo. Vers huit heures et demie, nous quittons le cinquantenaire en direction de l’aire d’autoroute de Bierges où Laurent nous attend. Nous embarquons ses affaires et mettons également son vélo sur le porte-vélo. Un peu plus tard, nous embarquons également Hubert, sa remorque et son vélo. Nous voilà au complet.

Sur l’autoroute, Pierre remarque que le volant vibre quand il roule à plus de cent kilomètres par heure. Nous sortons donc de l’autoroute en direction du marchand de pneus le plus proche. Vers dix heures, la camionnette est sur un élévateur et se retrouve sans pneus avant. Vingt minutes plus tard, le problème est réglé. Le garagiste a rééquilibré les pneus en plaçant cent-vingt grammes de plomb dans la roue !

Plus loin, nous faisons une petite pause et Brieuc remplace Pierre au volant. Vers quatorze heures, le GPS n’est pas très précis et nous nous trompons deux/trois fois d’affilée. Nous nous retrouvons dans un petit village perdu. Nous en profitons pour manger notre pique-nique. Nous reprenons ensuite la route en direction de la Suisse. Pierre a repris le volant.

Une fois la frontière passée sans aucun incident, nous traversons la Suisse. L’autoroute est très vallonnée et parsemée de tunnels. Nous nous retrouvons dans quelques embouteillages en approchant du tunnel du Gothard. Une fois le tunnel de dix-sept kilomètres traversé, la route est plus droite et moins accidentée. C’est aussi la fin des belles vues sur les montagnes. Nous changeons à nouveau de chauffeur. Une fois en Italie, le chauffeur change à nouveau.

Nous suivons le GPS jusque Cesena, une petite ville au Sud de Bologne où nous attend Chiara, une Italienne, cokotteuse d’une cousine en Erasmus. Nous arrivons à Cesena et plus précisément près de la villa Bianchi vers minuit. Tout d’abord les gens ne comprennent pas ce que nous venons faire ici mais lorsque nous parlons de Céline, tout s’arrange. Chiara arrive, nous récupérons quelques bagages de ma cousine et allons ensuite nous coucher à la belle étoile à côté de la camionnette. Il est une heure et le ciel est totalement dégagé (contrairement à la Belgique). Nous admirons le ciel étoilé avant de nous endormir.


Vendredi 15 juillet 2011

Il est à peine six heures de matin mais le soleil tape déjà bien fort. Je me réveille et sens déjà le vent souffler. Sous ce soleil matinal qui nous réchauffe déjà bien, je ne parviens plus à dormir. Nous nous levons tous vers huit heures. Nous commençons par ranger toutes nos affaires. Puis nous dispatchons la nourriture achetée l’avant-veille. Nous préparons les vélos, regonflons les pneus, graissons les chaines et remontons les selles. Une fois tous nos bagages bien ficelés dans les fontes (pour Pierre, Louis, Brieuc et Laurent) et sur les remorques (pour Hubert et moi-même), nous prenons un léger petit déjeuner, aucun d’entre nous n’a vraiment faim.

Il est exactement dix heures passées de dix minutes lorsque nous enfourchons nos vélos pour la première fois. Le premier kilomètre est une très forte descente. Une fois en bas, je me rends compte que je n’ai pas la carte de Cesena et qu’il nous sera impossible de revenir à la camionnette depuis la gare si nous ne l’avons pas. Je détache donc ma remorque après avoir vérifié que je n’avais pas la carte et je repars seul en direction de la camionnette. Je trouve rapidement cette carte et redescends à toute vitesse. En bas, je la glisse dans mon sac et rattache ma remorque. Pas de bol, à ce moment-là nous devons nous écarter pour laisser passer une voiture et je perds mes gants de vue. Ce n’est qu’une heure plus tard que je me rendrai compte que je les ai perdus.

Nous repartons ensuite en direction du Sud. Quelques kilomètres de plat plus loin, nous abordons la première difficulté de ce voyage. Nous empruntons une route qui monte (et redescend un peu par endroits) et nous retrouvons près du village de Saiano après une ascension de deux-cents mètres de dénivelé. Le poids des remorques et fontes se fait ressentir. D’en haut, nous avons une vue magnifique sur les collines et la plaine qui précède la mer Adriatique. Nous cueillons des prunes bien bonnes et commençons ensuite la descente vers la plaine. Dans Saiano, nous décidons de prendre une route qui descend mais qui est normalement fermée à la circulation. Nous considérons que les vélos peuvent passer partout et commençons la descente. Après quelques minutes de descente, j’ai comme l’impression que je m’enfonce dans la route. Puis, juste après un virage, nous tombons nez-à-nez avec des ouvriers qui sont en train de refaire la route. Ils nous regardent tout étonnés lorsque nous arrivons. C’est normal, nous venons de ‘bousiller’ leur travail en laissant une marque indélébile de notre passage dans cette route. Nous les dépassons par le talus et continuons notre descente. En bas, nous tombons sur une grosse route et faisons le plein d’eau à une fontaine.

Nous continuons sur cette grosse route avant de nous engager sur de plus petits chemins. Par deux fois nous sommes obligés de reprendre de grosses routes avant d’entrer dans Savignano où nous achetons du pain pour le midi. Nous continuons notre route et arrivons vers treize heures à Santarcangelo où nous mangeons dans un petit parc surplombé par un mur gigantesque d’époque romaine. Après avoir mangé notre pain avec du maquereau (en boîte), de la vache kiri, du saucisson et du pâté, nous faisons une sieste pour éviter les plus grosses chaleurs. Ensuite, nous allons chercher de l’eau au château d’eau qui se trouve tout en haut de la ville. Nous y allons trois par trois pour éviter de laisser nos vélos sans surveillance.

À quinze heures nous reprenons la route. Nous commettons une petite erreur de navigation qui nous coûtera un énorme détour. Au lieu de plonger directement vers la côte en suivant les indications vers Rimini, nous nous dirigeons vers Verucchio et prenons petit à petit de l’altitude en filant droit sur Saint Marin. Une fois que nous nous en sommes rendus compte, il est trop tard pour faire demi-tour et nous sommes obligés de continuer car il n’y a pas de pont pour traverser le cours d’eau F. Marrechia. Nous roulons au début sur une grosse route mais pouvons ensuite prendre une piste cyclable assez agréable. Il fait très chaud.

Une fois le pont traversé, nous longeons une grosse route en direction de Rimini. Cette portion est assez rapide car elle descend jusque à la mer (cent mètres de dénivelé). Arrivés à Rimini, nous traversons la ville pour atteindre la côte. Nous longeons la mer sur une rue hyper touristique où il faut constamment faire attention aux piétons et voitures qui nous coupent le passage. Nous faisons cela un bon bout de temps avant de nous arrêter sur la plage quand il y a moins de touristes. Nous mangeons des abricots secs vers dix-sept heures.

Une demi-heure plus tard, nous reprenons la route entre les hôtels et magasins d’objets de plage. Ensuite nous nous éloignons de la côte pour trouver un endroit où dormir. Nous devons faire demi-tour car nous manquons de monter sur une autoroute (ou du moins une trop grosse route…). Après avoir traversé l’autoroute, nous nous arrêtons dans un café où Louis va demander de l’eau. Nous remplissons toutes nos gourdes et continuons. Nous montons assez fort pour atteindre le centre de Cattolica (quarante mètres) et sa petite église. Nous hésitons à dormir contre l’église et Pierre part en reconnaissance. Il revient quelques instants plus tard pour nous dire qu’il a trouvé un parc désert. Nous nous y installons et commençons à préparer nos spaghettis à la sauce bolognaise. Nous voyons quelques promeneurs avec leurs chiens mais la nuit s’annonce plutôt calme.

Après avoir mangé, nous remarquons quelques nuages et décidons de tendre une des bâches pour nous abriter de la pluie. Pendant que Louis et Laurent vont chercher de l’eau, nous construisons l’abri. Lorsqu’ils reviennent avec de l’eau, ils nous disent qu’il n’y a, selon les habitants, rien à craindre de ces nuages. Nous attachons nos vélos et allons dormir vers vingt-deux heures. Nous sommes assez serrés sur notre petite bâche et décidons de retirer la bâche qui se trouve au-dessus de nous.

  • 76 km à 17,39 km/h de moyenne (4h22 de vélo)
  • 563 m de dénivelé positif, 637 m de dénivelé négatif


Samedi 16 juillet 2011

Je suis réveillé depuis un bon bout de temps lorsque Hubert et moi nous levons. Il est alors sept heures et demie, le soleil est déjà brulant. Les autres se lèvent progressivement. A huit heures tout le monde est debout et nous commençons à refaire nos sacs. Nous devons faire notre vaisselle d’hier pour pouvoir manger nos crunchys avec du lait en poudre et un litre de jus d’orange que nous n’avions pas bu la veille. Une fois tout rangé sur nos remorques et fontes, nous reprenons la route, il est neuf heures. À peine sortis du parc où nous avons dormi, nous nous arrêtons pour remplir nos gourdes chez un habitant.

Nous redescendons de Cattolica et longeons la côte par une route plus agréable que celle de la veille. De l’autre côté de Cattolica, nous avons à faire à une belle difficulté. Le long de la mer se trouve une belle colline que nous devons gravir. Pendant la montée nous prenons une première photo de groupe. Une fois en haut, nous suivons en quelque sorte une route des crêtes. À droite, la vue s’étend sur l’intérieur de l’Italie et ses collines. De l’autre côté s’étend la mer adriatique à perte de vue. Nous traversons deux petits villages et dans un des villages nous remplissons nos gourdes à la fontaine. Ensuite nous redescendons de cent-septante-trois mètres pour arriver à Pesaro. Là, nous attendons Hubert qui est obligé d’aller moins vite en descente à cause de sa remorque moins stable. Lorsqu’il arrive nous dégustons des Sultana. Vers midi moins vingt, nous décidons également de faire des courses pour midi. Nous achetons des tomates, de la mozzarella et quelques carottes.

Une fois Pesaro traversée, nous nous retrouvons sur une grosse nationale. Un peu plus loin nous parvenons à monter sur la piste cyclable qui longe la voie de chemin de fer (qui fait toute la côte adriatique…). Nous ne voyons pas la mer mais c’est beaucoup plus agréable que la grosse route. Peu avant Fano, la piste cyclable passe sous la voie de chemin de fer et nous traversons l’Arzilla via une petite passerelle. Juste après cette passerelle se trouve un énorme chapiteau en dessous duquel nous nous arrêtons. Vers treize heures, nous y mangeons nos parovitas tomates-mozzarella avec du saucisson et les habituelles garnitures. Nous avons roulé quarante kilomètres ce matin.

Après avoir mangé, nous faisons la sieste sous cette tente géante qui nous procure de l’ombre bien agréable. Pendant que les trois premiers font la sieste, les trois autres vont prendre une douche sur la plage. Après leur retour j’y vais également. L’eau de la mer est très bonne et après la baignade c’est au tour de la douche. Cela fait un bien fou. Pendant que nous nous séchons un vieil Italien s’intéresse à nos vélos et plus particulièrement aux remorques. Une fois que tout est à nouveau sur nos vélos, nous repartons. Il est seize heures.

Après la traversée de Fano, nous nous retrouvons dans un cul-de-sac qui n’est pas indiqué (une spécialité des Italiens). Nous devons faire demi-tour et traversons la voie de chemin de fer. Nous devons à nouveau rouler sur la grosse nationale mais cette fois contre un vent de face assez désagréable. Vers dix-sept heures, nous nous arrêtons et dégustons des abricots secs. Laurent en profite pour remplir quelques gourdes chez l’habitant. Après cette courte pause, nous repartons. Un peu plus loin, à Senigallia, nous achetons des légumes frais pour accompagner notre riz du soir.

Vers dix-huit heures, nous décidons de nous enfoncer dans les terres pour trouver un endroit où dormir. Nous tournons donc à droite et commençons par monter raide. Une fois au-dessus nous traversons l’autoroute, mais là, nous nous apercevons qu’il faut encore monter plus longtemps et plus haut. Seuls Louis et moi parvenons en haut sur nos vélos. En haut, à103 mètres d’altitude alors que nous venons du niveau de la mer, nous avons une très belle vue. De plus, nous nous trouvons juste à côté d’une tour médiévale. Nous essayons de demander de l’eau mais les habitants sont momentanément coupés d’eau courante. Pierre et Brieuc se portent volontaires pour aller chercher de l’eau un peu plus loin et ils en profitent pour essayer de trouver un bel endroit pour dormir. Louis, Laurent, Hubert et moi restons près des vélos et essayons de voir si l’on peut dormir dans le jardin de la tour mais les propriétaires ne sont pas présents. En attendant le retour de Brieuc et Pierre, Louis essaye de monter sur une petite construction un peu trop élevée (il n’y parvient pas).

Après le retour de Pierre et Brieuc avec l’eau espérée, nous nous installons au milieu du champ. De là, nous avons une vue magnifique sur les collines (et montagnes) et la mer adriatique et même sur Ancône que nous devons atteindre le lendemain. Pendant que tous s’activent à la préparation des magnifiques légumes achetés quelques heures plus tôt, je prends quelques notes et écrit à mon frère et ma sœur. Vers 20 heures, nous mangeons notre potée de légumes avec du riz. C’est assez bon et rassasiant. Pendant que Louis et Pierre vont faire un petit tour à vélo aux alentours, Hubert et moi préparons du pudding.

Après ce repas frugal, nous nous installons pour la nuit. La lune qui se lève, est énorme et d’un orange flamboyant. Installés sous nos moustiquaires nous observons les étoiles et quelques étoiles filantes. Notre nuit commence peu après neuf heures et demie.

  • 75,19 km à 16,32 km/heure de moyenne (4h36 de vélo)
  • 1195 m de dénivelé positif, 1104 de dénivelé négatif


Dimanche 17 juillet 2011

Je suis à nouveau le premier debout à sept heures et demie. Vers huit heures tout le monde est debout. Le soleil tape déjà et nous nous enduisons encore une fois de crème solaire. Après avoir tout rangé, nous partons. Nous commençons par une descente d’un kilomètre suivi d’une remontée dans le village de Montignano. Là, nous mangeons notre muesli sur une petite place et buvons notre dernier litre de jus d’orange. Je vais ensuite avec Pierre et Brieuc remplir les gourdes à la fontaine du village qui se trouve un peu plus haut. Une fois de retour, nous nous joignons à la discussion que Louis a entamée en Italien (précaire) avec un habitant. Celui-ci nous montre la colline que nous aurons à grimper après Ancône.

Nous commençons par prendre quelques petites routes jusqu’à ce que nous soyons obligés à descendre droit vers la grosse route. Cette descente se fait à près de cinquante-cinq kilomètres par heure pour moi. Le freinage avec la remorque est assez délicat mais ce passe sans incident.

Les vingt et un kilomètres suivants sont assez désagréables. Nous sommes obligés de rouler les uns derrière les autres sur une grosse route où les voitures roulent vite. Il n’y a pas d’alternative jusqu’à Ancône. Nous venons de rouler vingt et un kilomètres en une heure : une très bonne moyenne.

Dans Ancône nous avons un peu de mal à trouver notre chemin. Nous nous engageons dans des ruelles mais pas facile de trouver du pain. Nous montons sur les hauteurs d’Ancône par des routes en lacets assez escarpées. En haut, nous avons une belle vue sur le port. Nous y remplissons nos gourdes à une fontaine et visitons la cathédrale. Ensuite, nous redescendons par des ruelles et finissons par tomber sur une boulangerie ouverte. Après l’achat du pain (et de deux morceaux de pizza) nous continuons notre route sur une grosse avenue bordée d’arbres. Après un rond-point autour d’un arc de triomphe, nous commençons la terrible montée. Nous faisons une pause Sultana vers midi moins quart. Nous avons alors accompli la partie la plus raide de la montée. Après cette courte pause, chacun repart et monte à son rythme. En haut, nous arrivons à un rond-point. La suite de la route est normalement en face, mais Louis qui était devant moi (qui ai la carte) est probablement descendu vers Santa Maria di Portonovo, un petit village dont nous avions parlé. Après avoir attendu les autres, nous descendons également vers ce village. Dans la descente, nous croisons Louis qui est en train de remonter. Il redescend avec nous et nous prenons le premier chemin sur notre droite pour aller manger. Nous sommes dans un parc national. Nous nous arrêtons vers une heure moins quart pour manger notre pain avec du Nutella, de la confiture, du pâté, de la vache kiri, du maquereau et du saucisson… et nos morceaux de pizzas, un régal.

Après le repas, je continue sans ma remorque la descente vers l’Eglise de Santa Maria di Portonovo. Les autres restent pour la sieste. Arrivé en bas, je remarque que ce village est ultra touristique mais que probablement aucun des touristes ne connaît l’existence de cette église. Tous sont amassés sur la plage. Je ne vais pas jusqu’à l’église car il faut traverser toute la plage bondée (et avec un vélo ce n’est pas très facile). Je remonte et me rends compte qu’il fait très chaud et que la remontée ne va pas être une partie de plaisir avec les fontes et remorques. Une fois de retour auprès des autres, je me repose également un peu. Vers quinze heures, nous remettons tout dans nos fontes et remorques et décidons de repartir. Nous sommes obligés de remonter ce que nous avons descendu depuis le rond-point vu que c’est un cul-de-sac. La montée est assez difficile mais elle se fait sur les vélos. Nous dépassons deux cyclistes qui sont à pied et cette sensation de suprématie fait du bien à tout le monde.

Au rond-point nous avons une vue magnifique sur les plages bondées et les falaises qui les surplombent. Nous continuons notre route qui monte encore sur trois kilomètres. Nous contournons ensuite le Monte Conero qui culmine à cinq-cents-septante-deux mètres juste à côté de la mer… La route continue de monter et descendre doucement. Le vent commence à souffler de face. Mais heureusement, la descente arrive. Après huit kilomètres sans pousser une fois sur les pédales, nous arrivons à Numana. Nous longeons la mer sur une route pleine de touristes. Nous nous arrêtons pour remplir nos gourdes vides et continuons avec un vent de face.

Juste avant Porto Recanati, nous nous arrêtons pour acheter des fruits et légumes. Le marchand nous offre la moitié, allez savoir pourquoi… Peu après, nous entrons dans Porto Recanati. Là, nous nous arrêtons sur la place pour y déguster nos prunes, notre pastèque et d’autres fruits très juteux. J’en profite pour acheter une carte postale pour remercier ma cousine qui a acheté les billets de train pour nous lorsqu’elle était en Erasmus. Je fais tout un tour sans rien trouver alors qu’il y avait un magasin à cinquante mètres de l’endroit où nous nous étions arrêtés…

Après cette pause nous continuons notre route mais sommes obligés de faire à nouveau demi-tour à cause d’un cul-de-sac non indiqué. Après quelques kilomètres le vent de face, nous décidons de nous enfoncer dans les terres pour trouver un endroit où dormir. Nous nous arrêtons quatre kilomètres plus loin dans un verger le long d’un petit cours d’eau pas très propre. Nous commençons à préparer notre potée de légumes que nous mélangeons avec des spaghettis un peu ratés par Laurent et Louis qui prétendaient qu’il y avait moyen de les cuire dans une gamelle sans les couper en deux. Le repas est malgré tout excellent. Nous commençons ensuite notre vaisselle. Etant donné que le paquet de savon de Laurent a explosé, la vaisselle est assez savonneuse. Pour la rincer il nous faut de l’eau mais nous sommes à court. Laurent et Brieuc se portent volontaire pour aller chercher de l’eau. Nous commençons à nous installer pour la nuit mais Les deux volontaires pour la mission eau (et non pas corvée eau car c’est un peu péjoratif et démotivant) tardent à revenir. Il commence à faire noir et ils ne sont toujours pas de retour. Nous les attendons dans nos sacs de couchage et sous la moustiquaire car il y a énormément de moustiques. Lorsqu’ils reviennent nous leur demandons pourquoi ils sont si tard. Ils nous expliquent qu’ils ont eu du mal à trouver des maisons aux alentours, qu’ils se sont ensuite fait remballer et que pour finir ils sont tombés dans une famille très accueillante qui leur a même proposé de prendre une douche au tuyau d’arrosage.

Nous allons dormir vers vingt-deux heures, toujours assaillis de moustiques.

  • 77,49 kilomètres à du 16,68 km/heure de moyenne (4h39 de vélo)
  • 1138 m de dénivelé positif, 1204 m de dénivelé négatif


Lundi 18 juillet 2011

Après une nuit assez agitée par les moustiques et les voitures qui s’arrêtent sur la route et qui font stresser Louis pour les vélos, nous nous levons vers sept heures. Mon matelas et sac de couchage sont humides et je dis qu’il a pleuviné cette nuit. Les autres ne sont pas tout à fait d’accord.

C’est plein de piqures que nous préparons notre petit déjeuner. Du porridge chaud pour certains, froid pour d’autres. Nous y ajoutons des pommes et mangeons des oranges offertes par le marchand hier.

Nous partons vers neuf heures en direction de la côte par la même route que la veille. Notre matinée se roule surtout sur une grosse route après avoir fait quelques kilomètres le long de la côte. Au kilomètre trente-sept nous faisons une pause où nous dégustons des raisins secs et toutes sortes de noix. Sur cette grosse route (que j’ai passée dans la roue de Pierre afin de moins ressentir le léger vent de face) il fait assez chaud et nous commençons déjà à manquer d’eau. Nous repartons et faisons le plein d’eau un peu plus loin. Nous achetons également du pain, des tomates et de la mozzarella pour ce midi.

Fort heureusement la grosse route laisse place à une piste cyclable qui longe la voie de chemin de fer, ce qui est beaucoup plus agréable. Plus tard nous passerons sous la voie ferrée et nous retrouverons entre la mer et le chemin de fer.

Vers treize heures, après quarante-huit kilomètres, nous nous arrêtons à côté d’une douche de plage. Nous y piqueniquons. Après le repas, nous allons piquer tous ensemble une tête dans une mer adriatique à température idéale. Nous nageons jusqu’aux rochers et revenons ensuite. Nous nous lavons sous la douche et faisons notre lessive. Après avoir attaché nos affaires humides sur nos vélos pour qu’elles sèchent au vent, nous repartons vers quinze heures trente sur cette même piste cyclable.

L’après-midi est composée majoritairement de pistes cyclables bondées de touristes assez distraits (et sourds au klaxon de Pierre). Nous passons notre après-midi à jouer à saute-mouton avec des piétons, cyclistes en tongs et cuistax. Alors que je roule un peu en retrait avec Hubert car les remorques ne sont pas faciles à manœuvrer dans cette circulation très dense et imprévisible, les quatre fontistes s’arrêtent pour remplir leur gourdes. Hubert et moi les dépassons sans les voir. Heureusement Pierre nous voit et nous rattrape. Il nous conseille de nous arrêter pour faire de même et passe devant. À peine nous a-t-il distancié que nous nous arrêtons à notre tour pour faire le plein. Les trois autres nous rattrapent alors et nous roulons à cinq. Arrivés à une place nous ne savons pas bien quel chemin Pierre a pris. Louis qui est persuadé que Pierre est derrière car il a ‘entendu’ son klaxon fait demi-tour à sa recherche. Brieuc allume son téléphone et appelle Pierre. Il nous confirme qu’il est devant et qu’il a simplement longé la côte. Nous devons attendre le retour de Louis avant de repartir. Quelques kilomètres plus loin, Pierre nous attend. Un peu plus loin nous achetons un ananas, des petits pois, des bananes et de la grenadine.

Après avoir fait un petit tour pour passer sur un viaduc, nous quittons la grosse route pour retourner vers les pistes cyclables. Nous nous arrêtons pour manger nos bananes et continuons. Plus loin, nous arrivons à un petit chemin barré. Nous passons à côté des barrières et devons descendre de nos vélos pour passer car une partie du chemin s’est effondré dans la mer. Pour repasser les barrières nous devons faire un peu de vtt et Hubert se sent obligé d’aider deux demoiselles qui n’arrivaient pas à passer avec leur vélo. Nous passons ensuite sur une passerelle et longeons un camping. Nous avons déjà fait plus de quatre-vingt kilomètres et décidons d’aller dormir dans le village de Cologne situé sur une colline de deux-cents-vingt-sept mètres. Nous nous enfonçons dans les terres et commençons la montée. Dans Cologne, Pierre part en éclaireur pour trouver un endroit où dormir alors que j’attends Brieuc à un carrefour. Après près de dix minutes d’attente, je m’apprête à descendre lorsque Brieuc arrive. Il m’explique son retard par le fait qu’il a cueilli des figues… Sacré Brieuc. Nous montons tout en haut et nous installons sur un petit chemin au milieu des oliviers.

Laurent et Louis partent en mission eau et reviennent aussi avec une bouteille de bière offerte par un habitant. Pendant  que nous préparons le repas, nous dégustons cette bière et quelques figues bien méritées après cette journée longue de nonante-deux-mille-huit-cents-dix mètres. Quelques petits moustiques nous embêtent un peu mais nous profitons de notre riz aux petits pois et à l’ananas. C’est à partir de ce repas que nous trouvons que le nom doit changer. Ce n’est pas passeport expé mais passeport gastronomie. À côté des raids ‘traditionnels’ la nourriture est clairement meilleure (pain frais, légumes frais…). De plus, après cette grosse journée, notre slogan fait apparition : tout ce qui ne te tue pas, te rend plus fort !

Nous allons dormir vers vingt-deux heures, après nous être enduits d’anti-moustique. Je dors sous ma petite moustiquaire. Pendant la nuit, les cinq autres se lèveront pour installer leur moustiquaire avec le vélo d’Hubert comme support. Comme toutes les nuits précédentes, il fait trop chaud pour bien dormir.

  • 92,81 kilomètres à du 17,78 km/heure de moyenne (5h13 de vélo)
  • 488 m de dénivelé positif, 448 m de dénivelé négatif


Mardi 19 juillet 2011

Après une courte nuit (moustiques et chaleur), je me lève vers sept heures et quart alors que les autres dorment toujours. J’en profite pour écrire à ma cousine pour la remercier pour l’achat des billets. Les cinq autres se lèvent progressivement de huit heures moins quart à huit heures. Nous rangeons nos affaires et au moment de manger notre muesli au lait en poudre, je ne trouve plus mes couverts alors que je les avais en main quelques minutes plus tôt. Je vide par trois fois chacune des poches de mon sac mais ils restent introuvables. Je mange mon muesli avec une fourchette empruntée. Après cela, je refouille mon sac et les retrouve dans la poche où ils devaient être mais dans un sac plastique où ils ne devraient pas être. Tout est bien qui finit bien.

Une fois toutes nos affaires bien ficelées, nous repartons vers neuf heures vingt. Nous avons décidé de changer un peu et de rester un peu dans les terres et les collines. La journée commence par une longue descente. Nous rejoignons une grosse route qui longe un cours d’eau. Nous suivons cette route en remontant. Dès que nous le pouvons, nous traversons le F. Vomano, un des premiers cours d’eau où l’eau coule avec débit.

À peine entrés dans Fontanelle que nous essayons de remplir nos gourdes à la fontaine, mais elle est à sec. Nous nous rabattons donc sur le bar qui se trouve juste à côté. La pauvre serveuse qui croyait devoir remplir la seule gourde de Pierre se retrouve avec 5 gourdes de plus.

Nous commençons la montée vers Atri. Cette montée est longue et le ciel se fait de plus en plus menaçant. Lors d’une pause, nous voyons même qu’il pleut sur les montagnes à l’Ouest. Plus loin dans cette même côte, quelques fines gouttes tombent mais elles ne suffisent même pas à nous rafraîchir. Nous avons une belle vue sur les calanches de Atri et la mer au loin.

En haut, après vingt-deux kilomètres dont une petite dizaine de côte, nous remplissons nos gourdes à une fontaine et profitons de la vue et des figues. Pendant que  nous mangeons nos Granys, je règle le frein à disque de Laurent.

Nous repartons et commençons par une courte descente durant laquelle je poste ma carte postale. Puis nous devons remonter durant quelques centaines de mètres avant de descendre pendant plus de huit kilomètres à près de quarante-cinq kilomètres par heure de moyenne et une pointe à 58,85 kilomètres par heure avec ma remorque. En bas, nous arrivons à Silvi Marina et c’est là que nous voyons la première pancarte pour Foggia, notre destination finale : 200 km par l’autoroute.

Dans Silvi Marina nous nous trompons un peu mais poursuivons notre route vers Pescara. À Pescara, nous tournons un peu dans la ville pour trouver de quoi manger. Nous achetons du pain et des pâtes pour ce soir. Trois kilomètres plus loin, juste après la traversée du port par une belle passerelle, nous nous arrêtons en plein milieu de la ville pour manger. Cette pause est bien méritée car il est déjà quatorze heures et nous avons fait cinquante-six kilomètres ce matin. Il fait moins beau aujourd’hui et la chaleur est bien plus supportable que les jours précédents.

Nous sommes obligés de jeter les deux pâtés qui étaient encore dans mon sac car ils ne sont plus bons. Nous ouvrons donc la confiture.

Nous repartons vers seize heures après une courte sieste. Le ciel est assez couvert lorsque nous quittons Pescara via une piste cyclable assez agréable. Nous roulons à vingt-deux kilomètres par heure de moyenne le long de la plage sur une piste cyclable en bois, où en béton parsemée de plots. Hubert y renverse pour la deuxième fois sa remorque. Des enfants viennent de jeter un ballon sous sa remorque. Nous retombons dans un cul-de-sac non indiqué et en attendant les retardataires, nous faisons cinq fois le tour d’un rond-point. Comme ça, nous ne perdons pas les traditions passeport.

Une fois sortis de Pescara, nous continuons notre route vers Ortona. Le Paysage a totalement changé. Plus de touristes (où très peu), un plateau et plus de collines, plus de buildings à perte de vue, c’est beaucoup plus sauvage. Avant d’arriver à Ortona nous devons faire deux belles côtes et une belle descente. À dix-sept heures vingt nous sommes à Ortona et faisons une pause avec vue sur le port où un gros cargo charge deux containers de forme bizarre (déchets radioactifs ?!) Nous prenons une photo de groupe et repartons vers six heures moins vingt. Deux-cents mètres plus loin, nous nous arrêtons à nouveau. Nous remplissons nos gourdes à une fontaine.

Nous poursuivons notre route sur une grosse nationale et après une belle montée, nous quittons la nationale en direction du village de San Leonardo. La nationale était déjà beaucoup plus sauvage et nous avons pu cueillir quelques figues. La petite route en direction de San Leonardo est sinueuse et se faufile entre les vignes et oliviers. Nous traversons le village et un kilomètre plus loin, nous nous arrêtons pour manger et dormir sous les vignes. Pendant que nous mangeons nos pennes au pesto et au parmesan (délicieux et abondant), un Italien arrive dans sa petite fiat. À dix-neuf heures trente-quatre précises, il nous demande (en Anglais ce qui est rare) si nous allons dormir ici. Nous répondons que oui et là-dessus il nous demande : « Do you want to sleep in my garden ? », un peu hésitants nous répondons « Maybe yes ». Là-dessus il nous dit qu’il habite au bout de ce chemin dans une maison blanche et qu’il nous y attend dans une demi-heure.

Une demi-heure plus tard, un kilomètre plus loin, nous entrons pour la deuxième fois dans San Leonardo. Bruno (c’est son nom) nous y attend. Il nous montre son jardin et sa pelouse impeccable. Il y a même de l’éclairage (et des fourmis géantes). Il nous propose même une douche mais nous refusons, ce serait abuser de son hospitalité. Il nous explique qu’il nous accueille car lui-même a fait quelques voyages en auto-stop et qu’il appréciait quand on l’invitait chez lui. Pendant que Louis et Brieuc font leur lessive dans un évier, Bruno nous apporte une très bonne pastèque. Il nous dit qu’il tient le bar du village.

Nous allons y faire un tour et Bruno nous offre un verre de grappa avant qu’on aille jouer aux cartes sur la terrasse. Vers vingt-deux heures, nous allons nous préparer pour la nuit. Nous en profitons pour aller aux toilettes et nous brosser les dents dans un évier et voir nos têtes crevées dans le miroir.

Nous nous endormons peu après vingt-deux heures trente.

  • 87,08 kilomètres à du 17,58 km/heure de moyenne (4h57 de vélo)
  • 1254 m de dénivelé positif, 1351 m de dénivelé négatif


Mercredi 20 juillet 2011

Il est minuit vingt-huit, Pierre nous réveille, il pleut. Les deux qui dormaient à côté de Pierre viennent s’intercaler entre les trois autres et nous replions la bâche au-dessus de nos têtes. 20 minutes plus tard, l’orage gronde toujours au loin et la bâche trouée commence à percer. Nous décidons de déménager sous la terrasse de Bruno. En deux temps, trois mouvements, toutes nos affaires sont sous son balcon. Nous nous recouchons mais vers deux heures je suis toujours réveillé. La pluie vient de cesser. Je me rendors mais vers six heures et demie, Dalia, le chien de Bruno aboie et nous réveille. Les autres parviennent à se rendormir mais moi pas. Le vent s’est levé et souffle très fort. Nous n’avons pas eu de moustiques mais la nuit a été très courte malgré le parfait endroit et les parfaites deux première heures de sommeil.

Vers sept heures et demie, je me lève et commence à rassembler mes affaires. Le ciel est bleu et le vent souffle un peu moins fort. À huit heures et quart, tout le monde est debout et le vent souffle à nouveau. Une fois nos affaires plus ou moins rangées, Bruno nous invite à prendre un cappuccino au bar. Il nous offre également un morceau de gâteau. Après cela, nous mangeons notre porridge froid et sans pommes, juste sucré. Nous prenons quelques photos de groupe avec Bruno et nos vélos et partons vers dix heures.

Nous commençons par redescendre vers la nationale. Nous l’empruntons. Cette route est assez grosse mais très jolie (et peu fréquentée). Elle serpente entre les criques et les figuiers, citronniers et orangers… La fatigue accumulée commence à se faire ressentir chez tout le monde.

Vers onze heures et demie, nous nous arrêtons à une pompe à essence où nous sympathisons avec le gérant. Il nous annonce du mauvais temps pour ce soir et demain. Pas de chance. Nous repartons vers midi en direction de Vasto toujours sur cette grosse route qui est à nouveau plus fréquentée. Nous sommes tous crevés et vers midi et demie, nous entrons dans Vasto. Nous achetons du pain et du fromage pour midi. Nous nous arrêtons à une fontaine et descendons de cent mètres pour manger sous le porche d’un monastère. Après notre premier pain, nous allons sonner chez les moines pour voir si nous pouvons manger avec eux et faire la sieste à l’intérieur. Ils sont déjà en train de se reposer et nous mangeons donc notre deuxième pain sous le porche. Vers quatorze heures trente, nous commençons notre sieste. À quinze heures trente, nous nous réunissons pour discuter de la suite de l’itinéraire et du raid car tout le monde est très fatigué. Nous préparons aussi la liste des choses que nous devons acheter pour la suite du raid.

Vers seize heures vingt, nous reprenons la route en direction du Leclerc situé (selon un panneau) mille-cinq-cents mètres plus loin. Il sera en réalité quatre kilomètres plus loin. Une fois là-bas, Pierre, Louis, Hubert et Laurent entrent dans le magasin pendant que Brieuc et moi surveillons les vélos. Pris d’un élan de générosité, nous regonflons les pneus de Brieuc, les miens et ceux de Hubert. Au moment où je commence à pomper pour le pneu arrière de Laurent, la pipette se déchire. Rapidement, nous retirons ces fontes, retournons le vélo et je remplace rapidement la chambre à air. Étant donné que l’ancienne est impossible à réparer, Brieuc rentre dans le magasin pour trouver une chambre de réserve. Pas de bol, il n’y en a plus.

Vers dix-sept heures, nous repartons du Leclerc après une séance photo devant le mur orange ‘immaculé’ (j’y ai fait une trace de graisse…). Dans Vasto, nous nous perdons un peu en voulant couper directement vers la plage. Nous sommes obligés de faire un petit tour (qui nous permet d’acheter une chambre à air) avant de redescendre vers la plage par une descente très raide. Le ciel est relativement couvert mais il fait encore assez chaud.

À dix-huit heures vingt nous sommes à nouveau sur la grosse nationale et vers dix-neuf heures nous tournons vers Petachiatto. Après un kilomètre, nous apercevons une bâtisse qui a l’air abandonnée. Nous décidons d’y passer la nuit pour s’abriter de la pluie annoncée. Lorsque nous  nous arrêtons, le soleil tape à nouveau.

Une fois le passage dégagé pour les vélos, nous nous installons dans une veille étable où est entreposée une vieille voiture… Pendant que Brieuc, Hubert et Pierre préparent le repas, je monte un peu sur la veille tour pour tracer notre route sur la carte et prendre quelques notes. Laurent est parti en mission eau et Louis range son sac. Je descends de mon perchoir pour aider à la préparation du repas lorsque Laurent revient. Il a été cherché de l’eau et les habitants lui ont rempli ses gourdes avec de l’eau en bouteille… Il a également failli foutre le feu en brulant son papier toilette. L’herbe est très sèche.

Nous mangeons du couscous avec une potée de légumes et ensuite, Hubert et moi préparent un pudding avec du vrai lait acheté au Leclerc.

Vers vingt-deux heures nous allons dormir. Laurent, Hubert et moi dormons à l’intérieur alors que Pierre, Louis et Brieuc estiment qu’il ne va pas pleuvoir et préfèrent dormir à la belle étoile. Nous nous racontons quelques blagues et nous endormons vers vingt-trois heures.

  • 66,60 kilomètres à du 18,42 km/heure de moyenne (3h37 de vélo)
  • 528 m de dénivelé positif, 529 de dénivelé négatif


Jeudi 21 juillet 2011

Nous sommes réveillés à sept heures par le carillon du village mais nous restons dans nos sacs de couchage jusque huit heures vingt. Nous rangeons nos affaires et puis mangeons notre muesli avec du vrai lait. Hubert et Laurent racontent qu’ils ont entendu des bruits cette nuit et même une petite fille qui rigolait. Depuis, nous avons baptisé cette maison, la maison hantée…

À dix heures moins vingt nous repartons. Après deux kilomètres nous devons déjà faire demi-tour pour un cul-de-sac à nouveau non indiqué… Nous devons reprendre la grosse nationale jusqu’à Termoli. Vers onze heures moins quart, nous visitons la vieille ville de Termoli. Nous faisons une petite pause avec vue sur la mer et continuons. Dans Termoli, nous avons du mal à trouver une boulangerie et quittons Termoli par une petite route sans avoir trouvé d’eau ni de pain. La petite route fait un petit tour avant de retomber sur la grosse route. Nous poursuivons notre route et nous arrêtons à Campomarino où Brieuc et Louis vont acheter du pain. Nous remplissons nos gourdes dans les toilettes de plage mais l’eau est salée. Nous allons donc demander au bar qui nous les remplit gentiment. Il est déjà midi dix.

La route continue avec un fort vent de face sur une très grosse route droite sur dix kilomètres. Le paysage a fort changé. Nous sommes maintenant dans une grande plaine désertique. Nous n’avançons pas très vite et dès qu’un camion passe nous accélérons de quelques kilomètres par heure. Vers treize heures nous nous arrêtons et décidons de rouler encore quatre kilomètres jusqu’au village de Chiéuti pour y manger. Le soleil tape et il n’y a pas d’ombre sur la plage. Nous faisons demi-tour et longeons la plage. Le seul endroit ombragé est un parking sous de grands pins. Le problème est que cet endroit est plein de déchets. Nous nous y arrêtons malgré tout et mangeons sur notre bâche. Je retire vite un rayon dont j’avais remarqué quelques minutes auparavant qu’il était cassé. Après ce bon repas composé de pain, de choco, de fromage, de confiture, de maquereaux, de saucisson et de kiri, nous faisons une petite sieste.

Nous reprenons notre route vers quatre heure moins quart sur toujours la même route. Quinze minutes plus tard, Hubert demande à ce que l’on s’arrête. Son pneu arrière est crevé. En quelques minutes j’ai remplacé sa chambre à air et nous reprenons la route. Le vent est toujours fort et de face. Nous roulons les uns derrière les autres. Pierre est tout devant, suivi de Laurent et d’Hubert avec sa remorque. Louis tire Brieuc qui est dans sa roue et je ferme la marche avec ma remorque. Brieuc découvre qu’il est beaucoup plus facile de pédaler abrité du vent que cinq mètres derrière son prédécesseur. Nous nous arrêtons pour cueillir quelques tomates dans un champ voisin. Il y a de plus en plus de champs de tomates. Nous quittons définitivement la grosse route pour de plus petits chemins.

Vers dix-huit heures nous arrivons à Lesina. Nous nous arrêtons au premier petit magasin et demandons si nous pouvons remplir nos gourdes vides. L’homme sort son tuyau d’arrosage et nous sommes servis. Puis Brieuc entre dans le magasin pour acheter le parmesan qu’il nous manque. L’homme regarde notre carte et quand il voit ce que nous volons faire, il nous le déconseille. C’est trop dur. Des cols à près de mille mètres sont faisables sans remorque ni fontes mais infaisable avec vingt kilos de bagages. C’est à ce moment que Brieuc ressort avec son parmesan et six magnums. Un régal ! Nous discutons de l’itinéraire et trouvons une alternative qui plaît à tout le monde.

Nous repartons et traversons Lesina. C’est à ce moment-là que je me rends compte que nous sommes le vingt-et-un juillet, c’est la fête nationale. Nous entonnons trois Brabançonnes dans le village et à sa sortie. Puis nous poursuivons notre route le vent dans le dos cette fois. C’est beaucoup plus facile.

À dix-neuf heures, nous nous arrêtons près du Lago di Lésina, une énorme lagune. Nous pénétrons dans une prairie et commençons à cuisiner au bord de la lagune. C’est à ce moment que nous commençons à entendre des cloches. Des vaches approchent mais elles ne savent pas traverser le petit ruisseau. Je répare la chambre à air de Hubert et nous mangeons nos mini nouilles avec une potée de légumes : passeport gastronomie oblige !

Après le repas, nous profitons du magnifique coucher de soleil pour prendre quelques photos. Nous faisons la vaisselle et replions tout. Nous allons sortir de la prairie car il y a des vaches dans cette prairie et Brieuc et moi n’avons pas envie de réitérer l’expérience de l’année passée. À peine nous sommes nous mis en route que deux chiens apparaissent. Nous avons bien fait de bouger. Une fois sorti de la prairie, ils sont cinq…

Nous poursuivons notre route alors qu’il fait déjà fort noir. Vers neuf heures, nous arrivons à un entrepôt et nous décidons d’y passer la nuit. Nous trouvons une remorque et décidons de s’installer dedans. Nous plaçons la bâche, attachons nos vélos, sortons nos matelas et sacs de couchage, mais une fois couchés un problème fait surface. Hubert et moi avons entendu par deux fois des vrombissements d’insectes. Après vérification, il semble que des guêpes ont élu domicile dans un pli de la remorque. Nous décidons de nous retourner pour les avoir aux pieds mais à peine tout retournés, nous nous rendons compte que c’est la même histoire de ce côté. Tant pis pour la remorque. Nous déplaçons la remorque et dormons par terre. C’est à ce moment qu’une voiture arrive. Elle nous éclaire de ses phares mais continue d’avancer vers nous. Nous pensons qu’elle va  nous écraser et nous avons pratiquement tous le même reflexe au même moment. Nous nous levons et faisons de grands signes. La voiture tourne alors et s’arrête un peu plus loin. Le fermier sort et dis « dormire tranquille ». Pas de panique donc. Nous observons les étoiles car le ciel est vide de nuages (alors qu’il y en avait quelques-uns cet après-midi). Nous nous posons quelques énigmes dont la très subtile du grand-père de Pierre : comment fait-on pour fumer dans le désert et qu’une panthère nous attaque ? (on a donc rien d’autre qu’une panthère sous la main…). Ceux qui veulent la réponse peuvent me contacter… Nous passons une relativement bonne nuit grâce au petit vent qui nous rafraîchit et chasse les moustiques.

  • 72,81 kilomètres à du 16,04 km/heure de moyenne (4h32 de vélo)
  • 250 m de dénivelé positif, 275 de dénivelé négatif


Vendredi 22 juillet 2011

Il est à peine cinq heures et demie lorsque le soleil me réveille. Il tape déjà et les fermiers sont déjà actifs près de l’entrepôt. Je me lève vers sept heures et demie, les autres vers huit heures moins quart. Nous remballons nos affaires et demandons aux fermiers s’ils n’ont pas un peu d’eau. Ils nous donnent leur bidouille et nous laissent nous servir pendant qu’ils s’affairent à leur tracteur. Nous remplissons une partie de gourdes et prenons la route vers huit heures et demie. Le premier kilomètre est d’une lenteur extrême car c’est un chemin de pierres et Pierre ne peut pas avancer très vite avec son vélo de route.

Après cette portion très lente nous avons le vent dans le dos et nous roulons à près de vingt-cinq kilomètres par heure de moyenne. Vers neuf heures dix, nous nous arrêtons à côté d’une pépinière où un jet d’eau arrose la haie. Nous mangeons notre porridge froid et faisons notre vaisselle dans le jet d’eau. Nous en profitons pour nous rafraîchir avant de nous enduire de crème solaire car le soleil tape déjà dru. Nous demandons à la pépinière s’ils ont de l’eau potable mais apparemment pas. Après une heure de pause, nous continuons donc notre route en direction de Torre Mileto. Aujourd’hui, nous allons faire le tour d’une autre Lagune. Le Lago di Varano. Jusque Torre Mileto, nous sommes entourés de champs de tomates sur lesquels on s’active à charger des camions. Une fois entrés dans Torre Mileto, Brieuc, Hubert et moi allons demander de l’eau dans un hôtel. La femme ne nous comprend pas très bien et finit par nous donner de l’eau ‘potable’. Nous ressortons en vainqueurs mais à peine l’eau goûtée que la victoire s’estompe. C’est probablement de l’aqua potabile mais elle goûte le sel. L’eau est probablement issue d’une usine de dessalement car un peu plus loin nous demandons dans un café et là aussi l’eau est légèrement salée. Nous essayons de la rendre plus buvable en y ajoutant de la grenadine mais c’est encore pire.

À onze heures dix, nous arrivons sur l’isola di Varano. La route est une ligne droite de 11 kilomètres. Je pars seul et prend cinq minutes sur les autres au bout de l’île. À midi moins dix, nous sommes tous là et nous vidons nos gourdes avant de repartir à la recherche d’eau. Pierre et moi surveillons les vélos et les autres vont chercher de l’eau dans un bar qui remplit toutes nos gourdes. Nous repartons sur une très jolie route qui serpente entre les plantations de figues, poires, olives. La vue est magnifique. Nous sommes un peu montés et avons donc une vue majestueuse sur la mer, la lagune, les montagnes en face (certaines à plus de mille mètres d’altitude).

Vers treize heures dix, nous nous arrêtons au milieu d’une énorme descente en ligne droite à travers les vergers de figues et olives. Nous nous arrêtons à l’ombre d’un figuier contre une petite bâtisse envahie par les plantes. Nous y mangeons nos parovitas (que nous gardions en réserve) avec les garnitures habituelles. Nous mangeons nos dernières portions de kiri.

Nous faisons la sieste à l’ombre alors qu’il fait très chaud. À quinze heures, nous reprenons la route en direction du village de Cagnano. Il nous faut remonter cent-soixante-cinq mètres sous un soleil de plomb. À quatre heures moins dix, nous pénétrons dans Cagnano. C’est encore l’heure de la sieste et les gens que nous croisons ne se montrent pas très coopératifs pour trouver la fontaine. Ils ont tous l’air endormis. Nous passons sous un petit porche où nous devons laisser les vélos à cause des marches. Nous remplissons nos gourdes d’une eau bien fraîche et totalement exempte de sel. Nous visitons séparément la petite ville et admirons la jolie petite église d’une propreté exemplaire.

Nous reprenons notre route et suivons la route que le Giro (Tour d’Italie) a empruntée cette année. La route commence par s’élever avant de rester plus ou moins à une altitude constante. Sur cette route, nous n’avons croisé qu’une seule voiture. Louis et moi avons fait la course avec un jeune taureau qui courait sur la chaussée à plus de trente kilomètres par heure. Puis, Pierre m’a dépassé alors qu’il était dans la roue de cyclistes roulant à plus de trente-trois kilomètres par heure. Je me suis mis dans sa roue également. Quand ils ont vu qu’un cyclo-randonneur parvenait à les suivre ils ont accéléré et encore plus quand ils ont vu que je suivais avec une remorque et un vtt. Ils l’ont très mal pris et ont encore accélérés. J’ai dû lâcher prise mais Pierre a encore tenu un peu.

Après une petite pause durant laquelle nous avons mangé des dattes sèches et des abricots secs, nous sommes repartis en direction de Sannicandro. Une fois en bas du village, nous nous sommes rendu compte que nous devions faire le plein d’eau et devions acheter deux ou trois trucs. Nous avons donc suivi un petit camion qui nous indiquait le Despar du village. Nous avons dû remonter un peu. Nous sommes repartis vers dix-huit heures vingt après avoir acheté, entre autres, quatre litres de lait.

Nous avons poursuivi notre route et avons décidé de tourner à gauche pour monter un peu afin de trouver un endroit pour la nuit. Après deux kilomètres de côte, nous nous sommes rendu compte que nous ne trouverions rien, c’était trop escarpé. Nous avons fait demi-tour et sommes un peu redescendu. Au premier chemin à gauche nous sommes remontés après une exploration de Louis mais au moment de nous installer, un type est venu nous dire que nous ne pouvions pas dormir là. Son intervention a créé un embouteillage sur un petit chemin de terre alors que personne ne passe jamais par là. Nous sommes redescendus et Hubert et Brieuc sont allés demander au propriétaire du ranch Il Texano si nous pouvions dormir sur son parking. Il a accepté tout de suite.

Nous avons commencé par manger notre couscous avec des tomates. Durant le repas, certains redoutent que le propriétaire nous fasse payer la nuit et nous ne sommes donc pas sûrs de rester dormir. Mais après le pudding géant de deux litres préparés par Hubert et moi, nous sommes trop crevés pour bouger. Nous faisons donc la vaisselle au tuyau d’arrosage alors que les premiers clients de la pizzeria arrivent. Vers neuf heures, nous commençons à nous installer à l’arrière pour dormir à la belle étoile sous un ciel couvert. Après un brossage des dents dans les toilettes du restaurant, nous allons dormir avec plein de moustiques. L’anti-moustique et les moustiquaires fonctionnent à plein régime. Vers neuf heures et demie, tout le monde est au lit et prêt à s’endormir au son de la musique et du show se déroulant à la pizzeria.

  • 82,66 kilomètres à du 18,11 km/heure de moyenne (4h34 de vélo)
  • 1057 m de dénivelé positif, 830 m de dénivelé négatif


Samedi 23 juillet 2011

Il est à peine trois heures du matin lorsque les chiens du ranch se mettent à aboyer pendant une demi-heure avec les chiens des voisins. Ensuite ils se calment et nous pouvons nous rendormir. La nuit était parfaite jusqu’à cet instant. Nous parvenons tout de même à nous rendormir car nous croulons sous la fatigue.

À sept heures moins dix, quelques gouttes tombent. Je sors de mon sac de couchage et replie ma moustiquaire, mon matelas et range mon sac de couchage. Mais il ne pleut déjà plus. Je reste assis sur mon matelas replié et observe les environs. À sept heures, il pleuvine et nous décidons de rentrer dans la salle que le propriétaire nous avait dit d’utiliser la veille. Nous nous installons dans cette grande salle vide. Tous se faufilent à nouveau dans leur sac de couchage mais moi pas. Je sors la carte et regarde ce qu’il nous reste à faire. Nous espérons arriver à Foggia en début d’après-midi. Je cherche dans le petit dictionnaire comment demander les horaires de train pour Cesena avec des vélos mais ma phrase ne ressemble pas à grand-chose. Vers huit heures moins dix, nous commençons à ranger nos affaires et ficelons tout sur nos vélos.

Vers huit heures et demie, nous partons alors qu’une légère bruine nous humidifie. Le propriétaire du ranch nous remplit nos gourdes et nous explique qu’il a fait 3 fois le Giro en tant que professionnel (1991, 1993, 1994). Nous commençons par une courte mais forte descente avant de remonter un peu. Lors de cette remontée, je suis dans la roue de Laurent qui a mis son poncho à cause de la bruine. Il me prévient qu’il va s’arrêter pour l’enlever mais à cause du vent, je ne l’entends pas. Il freine fort et il y a touchette. Je mets pied à terre et perds une gourde mais nous nous en sortons sans véritable chute. Je récupère mon bidon et continue. La suite est une belle et longue descente (6-7 kilomètres) sinueuse et puis toute droite vers Apricena.

Vers neuf heures et quart, nous entrons dans Apricena et achetons des fruits chez le premier marchand ambulant. Nous y achetons six nectarines, six bananes et un énorme melon pour à peine quatre euros ! Après une visite express et non voulue de la ville, nous nous arrêtons sur une petite place pour y manger notre petit déjeuner : du porridge chaud avec du vrai lait, des bananes et des nectarines : un délice ! Pendant que nous mangeons, deux restaurateurs italiens nous observent. Ils viennent nous demander ce que nous mangeons et semblent très intéressés par cette nourriture qui leur est inconnue.

Au moment de repartir, un jeune Italien vient à notre rencontre. Il nous demande où nous allons et lorsque nous lui expliquons que nous voulons aller à Foggia, il nous conseille d’attendre ici que le temps se calme. Il a vu d’en haut de son immeuble qu’il faisait très mauvais en direction de Foggia. Il nous offre également un gros morceau de cake que nous emportons pour plus tard. Il nous confirme quand même dans notre choix de rejoindre Foggia par la route qui longe les montagnes.

Nous repartons quand même et avons un peu de mal à sortir de Foggia. Une fois le ‘périphérique’ quitté, nous roulons sur une petite route en mauvais état. Le vent souffle de trois quart face et c’est assez difficile. À gauche, nous avons les montagnes et à droite des champs à perte de vue. À certains endroits, les agriculteurs ont mis le feu à leurs pailles et nous voyons quelques poteaux électriques qui pendent au fil électrique alors que le bas brûle toujours.

Après une petite pause Sultana, nous tournons en direction de Foggia. Cette route est une route de campagne, il n’y a pas de voitures et que des champs aux alentours. Nous passons à côté d’une parcelle où des agriculteurs ‘contrôlent’ le feu et les très grandes flammes. Vers treize heures, nous nous arrêtons sur une parcelle d’herbe au milieu d’un croisement. Nous y mangeons le cake aux pommes délicieux mais décidons de continuer jusque Foggia avant de manger en espérant avoir un train cet après-midi.

Vers deux heures et quart, nous arrivons à la gare. Je vais avec Hubert pour demander les horaires. L’homme du guichet s’emballe lorsque nous lui demandons (en anglais) un horaire pour Cesena avec vélos. Il nous dit qu’il n’y a pas moyen con la bici. Après cela nous lui demandons pour le lendemain. Là, il nous dit qu’il y en a un à 19h53… Cela veut dire que nous devons attendre plus de 30 heures pour notre train. Cela nous paraît bizarre et nous nous adressons à un chauffeur de taxi qui demande pour nous en Italien. Il nous dit qu’il y a peut-être un train ce soir mais qu’il sera probablement bondé et qu’il faudra être courtois. De plus nous ne serions même pas sûrs d’arriver à Cesena, mais seulement jusqu’Ancône.

Nous quittons la gare vers quinze heures et allons dans un parc en face de la police pour manger nos derniers parovitas avec ce qu’il nous reste comme garniture. Le fait que le type m’ai ‘engueulé’ et le fait que nous n’ayons pas de train avant demain soir m’a achevé. J’étais déjà complètement crevé mais ceci me casse. Je craque mais la sieste fait du bien et je suis de nouveau positif lorsque nous nous levons vers dix-sept heures pour repartir en quête d’un endroit où dormir cette nuit. Après vingt minutes de discussion sur ce que nous allons faire, nous remontons en selle en direction d’un supermarché indiqué par un type sympathique. Nous y achetons de quoi manger demain midi car ce soir c’est pizza (chose prévue depuis longtemps…)

Nous cherchons dans la ville et Louis demande même à un moine qui ne le comprend pas. Nous retournons à la gare en espérant y trouver de l’eau et l’office du tourisme mais nous revenons bredouilles. Vers 18 heures, nous attendons devant une église où la messe est célébrée. Nous espérons trouver quelqu’un à la sortie pour dormir dans son jardin. Mais un homme nous voit et nous demande (en Italien) ce que nous cherchons. Nous lui expliquons via un traducteur Sénégalais que nous cherchons un endroit où dormir. Il nous conseille l’hôtel mais nous lui disons que ce n’est pas ce que nous cherchons. Peu après, il semble embêté et après quelques minutes il revient et nous demande si nous voulons seulement dormir et puis foutre le camp le lendemain. Nous lui disons que oui et là-dessus il nous dit de le suivre.

Il nous emmène d’abord acheter de l’eau puis nous ouvre un jardin un plein milieu d’une cité de HLM. Il y a également une petite maison et il nous dit que nous allons dormir là. Angelo nous enferme et repars avec Pierre et Brieuc pour acheter des pizzas. Un quart d’heure plus tard il revient avec eux et commence à vider la maisonnette alors que nous avons attaché nos vélos contre un mur et sommes en train de manger. Sa maman arrive et ils vident complètement la maisonnette sous nos yeux impuissants. Ils descendent des matelas et des draps. Nous essayons de leur dire que nous sommes prêts à dormir mais ils n’en font qu’à leur tête. Ils nous disent maintenant de rentrer les vélos à l’intérieur et d’aller nous installer. Ensuite, ils s’en vont après nous avoir enfermés dans le petit jardin. Nous discutons un peu avant de nous laver avec le robinet disponible et d’aller dormir vers neuf heures.

  • 64,57 kilomètres à du 16,23 km/heure de moyenne (3h59 de vélo)
  • 421 m de dénivelé positif, 576 m de dénivelé négatif


Dimanche 24 juillet 2011

Il est sept heures vingt-cinq lorsqu’Angelo arrive et nous réveille. La nuit fut assez bonne bien qu’un peu chaude malgré l’air conditionné. Nous commençons à ranger mais Angelo nous dit : « Piano » Nous sommes trop pressés. Puis tout à coup, il nous dit « Breakfast ». Nous devons prendre notre petit déjeuner. Il nous a apporté des croissants et du café. Après ce petit déjeuner avalé assis (Angelo nous obligeait à nous asseoir). Après, nous continuons de ranger nos affaires et aidons à tout remettre à l’intérieur. Puis, la maman d’Angelo vient nous dire au revoir et nous prenons quelques photos avec Angelo.

Vers huit heures vingt, Angelo nous raccompagne à travers Foggia. Il nous montre une jolie Eglise puis nous continuons en direction de la gare. Là nous attendons je ne sais pas quoi. Un sénégalais nous aide de nouveau à bien comprendre Angelo. Il nous dit de ne pas trop nous éloigner de la gare car il y a beaucoup de voleurs dans cette ville et que la gare est l’endroit le plus sûr car la police y veille sur les touristes. Pendant ce temps, Louis va demander à nouveau les horaires de trains. Il revient avec une bonne nouvelle. Un guichetier plus sympathique lui a dit que nous pouvions probablement prendre le train à quatorze heures vingt si nous demandions l’autorisation au contrôleur. Après une demi-heure et après avoir rencontré un membre des amis de la bicyclette Italien, nous repartons un peu vers le centre car Angelo veut acheter des cigarettes. Vers neuf heures et demie, nous sommes arrêtés et Angelo cherche à nouveau des traducteurs. En deux Sénégalais il croit de nouveau avoir trouvé et commence à leur parler en Italien. Les deux Sénégalais qui ne parlaient pas Italien nous demandent en Français ce qu’il leur veut et puis ils s’en vont. Heureusement arrive un homme parlant anglais et italien. Il nous traduit ce qu’Angelo veut nous dire. Il s’en va et nous laisse. Il était très heureux de nous accueillir et attend une carte postale. Il nous dit encore une fois de rester dans les environs de la gare. Une fois qu’Angelo est parti, nous restons un peu avec l’homme parlant anglais qui semble très intéressé par nos rayons…

Ensuite, nous partons nous promener dans la ville et tombons sur un petit marché plein d’électronique. Je vais y faire un tour avec Brieuc et lorsque nous revenons, Pierre, Louis, Hubert et Laurent sont en pleine discussion avec quatre jeunes Italiens de treize-quatorze ans qui sont très intéressés par nos vélos.

Nous repartons vers midi moins quart en direction de la gare puis nous achetons du pain pour ce midi. Nous mangeons juste devant la boulangerie et vers une heure moins vingt, nous partons vers la gare. Devant la gare, nous démontons les remorques et nous arrangeons pour que toutes nos affaires soient transportables à pied et dans un train. Vers une heure vingt, nous montons sur le quai et attendons. Le ciel est encore bleu mais le vent souffle ce qui fait qu’il ne fait plus si chaud que cela. Le train entre en gare à deux heures moins vingt et nous pouvons embarquer. Une fois les billets validés nous attendons qu’il soit 14h21 pour le départ. Le train régional part à l’heure en direction de Termoli où nous devrons en prendre un autre (eh oui, en Italie, on ne peut prendre les vélos que dans les trains régionaux).

À 15h38 nous arrivons à Termoli. Nous débarquons les vélos et attendons un peu sur le quai avant que Brieuc et Hubert aillent demander les horaires. Ils reviennent en courant en disant que le train suivant part dans trois minutes sur un autre quai. Nous trimballons vite nos affaires mais le train a vingt minutes de retard. Hubert et Brieuc nous annoncent ensuite qu’ils ont l’horaire complet jusque Cesena, ce qu’ils étaient incapable de donner à Foggia. Nous arriverons demain matin à 4h09 à Cesena.

Nous embarquons dans un petit train qui ressemble plus à un tram et mettons les vélos contre la porte d’en face. À peine le train a-t-il démarré que le contrôleur nous dit que nous devons les bouger car il devra ouvrir ces portes… Nous déplaçons les vélos dans le train et continuons en direction de Pescara. Le train est bondé et il se met à dracher. Nous sommes bien dans le train.

Nous arrivons à 17h17+08 à Pescara. Sur le quai, nous sympathisons avec un nettoyeur fan de Tom Boonen (qu’il appelle Tom Bouné). Puisque nous devons attendre près de deux heures, nous allons tour à tour nous promener dans la gare et nous offrons des mini-princes. Il pleut et fait plus froid que les jours précédents, nous devons même mettre un pull. Vers dix-neuf heures, le train entre en gare et nous embarquons. Durant l’embarquement, les portes se referment plusieurs fois mais nous parvenons tout de même à embarquer. Nous décidons de rester dans le local à vélos où nous serons tranquilles. Le train part sous la pluie à 19h03+05. Durant le voyage, nous revoyons plusieurs endroit (la maison hantée, la douche, un endroit de pique-nique…). Pierre nous raconte son voyage en Inde et au Kashmir et celui au Viêtnam.

À 21h12, nous arrivons à Ancône. Il fait déjà noir et les quais sont vides. Laurent et Pierre partent chercher l’apéritif à vélo pendant qu’Hubert, Louis, Brieuc et moi transportons toutes nos affaires de la voie trois à la voie quatre. Deux femmes nous regardent l’air de dire : « ils sont fous, que font-ils… ? »

Pierre et Laurent reviennent avec deux énormes pizzas. Nous les dévorons sur le quai de la gare. Le train arrive à 10h39 et nous devons embarquer à plusieurs endroits car nous avons trop de vélos. Durant le voyage, Pierre tente de dormir un peu. À minuit moins dix, nous arrivons à Rimini alors qu’il pleuvine toujours un peu. Je pars avec Brieuc à vélo pour chercher d’autres pizzas.

  • 14,11 kilomètres à du 12 km/heure de moyenne (1h11 de vélo)
  • 30 m de dénivelé positif, 30 m de dénivelé négatif


Lundi 25 juillet 2011

Nous avons du mal à trouver une pizzeria ouverte à cette heure tardive mais revenons quarante-cinq minutes plus tard avec 6 pizzas que nous mangeons dans le couloir sous les quais. Nous sortons nos matelas et nous reposons car le train suivant n’est qu’à quatre heures moins quart.

Vers trois heures, Hubert et moi allons remplir quelques gourdes au bar d’en face. Vers trois heures vingt-cinq, nous rangeons tout et nous dirigeons vers  le quai. À quatre heures moins vingt, nous sommes sur le quai lorsqu’Hubert nous dit qu’il y a un changement de voie. Nous descendons vite les marches avec nos vélos et remontons sur l’autre quai. Le train part à 3h45. Je suis dans un wagon sans éclairage avec Pierre et je prépare l’itinéraire pour revenir à la camionnette depuis la gare de Cesena à la lueur de ma lampe de poche.

Nous arrivons à Cesena à 4h09. Il ne pleut plus et nous remontons les remorques. Nous nous armons de toutes nos lampes et enfilons des vestes fluorescentes. Nous traversons Cesena alors que la ville est silencieuse et vide. C’est assez chouette. Nous remplissons nos gourdes à une fontaine et puis abordons la méga côte que nous avions déjà descendue il y a une dizaine de jours. Vers cinq heures moins dix, nous sommes à la camionnette. Nous étendons la bâche à côté de la camionnette et allons dormir vers cinq heures cinq. Nous nous endormons tous immédiatement.

Une heure après nous être endormis, nous sommes réveillés par la pluie. Nous nous réfugions dans la camionnette et essayons de dormir. Peu après, Pierre ressort de la camionnette et dors sous le coffre ouvert. Louis prend les deux banquettes de derrière. Hubert dort sur le plancher de la camionnette, Brieuc sur le siège du copilote et Laurent s’est étendu sur un siège et les accoudoirs de devant. Je suis assis de travers car plein de choses encombrent le sol. Il pleuviote jusque sept heures. Je me lève alors et commence à vider mon sac et trier mes affaires sales et propres. Je prends des notes sur la soirée d’hier. Je m’occupe comme je peux et en silence jusque onze heures, le moment où les autres se lèvent. Nous mangeons quelques galettes et buvons du jus multi fruits. Nous rangeons tout et chargeons tout dans la voiture. Vers midi et demie, nous descendons et remplissons nos gourdes à la fontaine. Nous achetons du pain et puisque le supermarché est fermé, nous achetons des pâtes fraîches dans un magasin artisanal et de la sauce. Vers une heure moins dix, nous nous garons dans le centre de Cesena. Pierre et Hubert vont acheter de quoi garnir notre pain et pendant ce temps, je vais acheter un nouveau portefeuille dans une maroquinerie où l’artisan travaille le cuir devant nous.

Nous mangeons sur la place de Cesena, à côté d’une petite fontaine. Vers quatorze heures, nous repartons en camionnette. Nous nous arrêtons dans un supermarché où Hubert, Brieuc et Pierre vont s’acheter une cafetière italienne et du café. Nous partons ensuite en direction des Vosges où nous voulons passer la nuit. Nous changeons une fois de chauffeur avant de passer en Suisse et dans le tunnel du Gothard. En Suisse, nous nous retrouvons dans quelques embouteillages à cause de travaux. Nous sortons de l’autoroute et faisons un peu de chemin sur des nationales. À un carrefour nous en profitons pour rechanger de chauffeur. Vers onze heures moins vingt, nous nous arrêtons sur une aire d’autoroute. Quelques instants auparavant, Pierre a dû effectuer un freinage brusque. Une barrière au poste-frontière était très peu visible et nous avons pris un virage un peu rapide.

Sur l’aire d’autoroute, nous mangeons nos pâtes fraîches avec une sauce tomate et du parmesan. C’est délicieux. En dessert, Hubert et moi préparons la dernière portion de pudding et puis nous faisons du café. Nous reprenons la route après avoir fait la vaisselle au tuyau d’arrosage réservé au remplissage des camping-cars. Il est alors minuit. Vers une heure, nous arrivons dans les Vosges. Sur la route des crêtes nous essayons de trouver le refuge où Pierre a déjà été, mais dans le noir ce n’est pas facile.

Sur cette route, nous croisons deux cervidés et un renard. Nous faisons deux fois demi-tour mais vers deux heures moins dix, nous n’avons toujours pas trouvé d’endroit où dormir. Nous nous arrêtons donc en bord de route. Nous enfonçons la camionnette sur un chemin qui mène à une barrière et dormons sur la bâche juste devant la camionnette. Il n’y a que huit degrés mais pas de moustiques. Une fois nos matelas et sacs de couchage récupérés, nous allons dormir.


Mardi 26 juillet 2011

Vers huit heures et demie, nous sommes réveillés par les cloches des vaches intriguées qui sont enfermées dans la prairie à côté de nous. La nuit fut très bonne. Nous nous levons et mangeons notre porridge. Mes cinq compères se font un petit café avant de reprendre la route vers neuf heures et demie.

Un quart d’heure plus tard, nous partons. Vers dix heures moins quart, nous sommes au col du Grand Ballon. Nous sortons quatre vélos pour Pierre, Brieuc, Louis et moi. Hubert et Brieuc feront la descente en camionnette. À dix heures, c’est le début de la descente. 6,45 kilomètres en un peu moins de huit minutes. Du 53,31 kilomètres par heure de moyenne. Je fais une pointe à 71,15 kilomètres par heure (nous n’avions pas de fontes ni de remorques…).

À dix heures dix, nous croyons être en bas et remettons les vélos dans et sur la voiture. Pas de bol, la descente n’est pas finie et nous faisons la fin dans la camionnette. Vers midi et demie, nous nous arrêtons sur une aire d’autoroute. Nous achetons du pain, du saucisson et du camembert. Nous nous installons au bar du magasin et commençons à partager le tout et à le manger. Je crois que ce n’était pas prévu pour cela mais tant pis. Avant de repartir, nous faisons à nouveau usage d’une nouvelle cafetière.

Vers quinze heures, nous entrons au Luxembourg. Nous ne nous arrêtons pas à la première pompe et à la deuxième, seuls Pierre (le chauffeur) et Brieuc (le copilote) sont réveillés. Pierre dit alors : « On s’arrête ? » et Brieuc lui réponds : « Texaco, pff… ». Pierre hésite alors et quand il voit qu’il doit s’arrêter, il est déjà trop tard. Nous sommes obligés de continuer mais la jauge indique déjà zéro.

Nous sommes obligés de continuer et la prochaine pompe est à plus de trente kilomètres. Nous roulons près d’une demi-heure à quatre-vingts kilomètres par heure et toutes les voitures et tous les camions nous dépassent. Nous arrivons enfin à une pompe à seize heures. Nous faisons le plein et faisons les comptes. Nous repartons vers quatre heures et quart. Nous déposons Hubert et Laurent avant Bruxelles. Nous arrivons au Cinquantenaire à dix-sept heures trente-quatre et je rentre à vélo chez moi après un raid crevant mais génial. Je retiendrai les repas du soir comme gastronomiques et je pense qu’il faudra se renseigner pour trouver une destination plus adaptée pour un raid à vélo. Merci à Pierre, Louis, Brieuc, Hubert et Laurent sans qui ce raid aurait sûrement été moins réussi. Merci également à Céline pour les billets.

Arthur L

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